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Que faire à l’approche de l’hiver ?

L’hiver approche tranquillement et depuis quelques jours les nuits commencent à être fraîches… Il est impératif de préparer nos plantes au froid. Il faut dores et déjà rentrer les espèces tropicales dans un endroit chaud et lumineux ; suivant votre région, il est encore possible de laisser les Drosera pygmées et les Pinguicula mexicaines à l’extérieur car elles supportent de faibles gelées. Nous allons voir plusieurs points à réaliser à l’approche de la mauvaise saison.

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Vigne vierge en automne
  • Couper les pièges morts

Tout comme les feuilles des arbres, les pièges des plantes carnivores rustiques du genre Sarracenia, Darlingtonia, Dionaea, Drosera, Pinguicula et Utricularia meurent en fin de saison estivale (du moins la majorité d’entre-eux). Cela peut être dû à la formation d’un hibernacle (petit bourgeon permettant à une plante de résister à des températures très froides) chez les genre Drosera, Pinguicula ou Utricularia (les espèces rustiques sont aquatiques, on parle alors de turion), à la sénescence naturelle des feuilles ou encore aux trop nombreuses proies capturées durant la belle saison (principalement Sarracenia).

La plante va reprendre une partie de l’énergie dépensée à la fabrication de la feuille au moment de la sénescence (mort naturelle des feuilles) en dégradant la chlorophylle pour en faire des sucres, d’où la couleur rouge des arbres en automne. C’est exactement le même phénomène chez les plantes carnivores. Afin de ne pas gâcher de l’énergie potentiellement récupérable par la plante, il ne faut couper QUE les pièges déjà secs et non les parties encore vertes qui photosynthétisent toujours. Votre carnivore n’en sera que plus belle au printemps suivant !

  • Récupérer les graines & gemmes

L’automne est aussi une période de multiplication potentielle des plantes. Tout d’abord, il est possible de récupérer des graines chez Dionaea, Sarracenia ou encore Darlingtonia. Il faut surveiller les vieilles inflorescences et voir si la partie centrale de la fleur, appelée gynécée, est gonflée ou non. Si tel est le cas, il y a probablement des graines à l’intérieur que vous pouvez semer immédiatement en laissant le pot dehors ou les laisser dans un sachet au frigidaire durant l’hiver. En effet, une période de stratification au froid est nécessaire pour la germination des plantes rustiques.

Les Drosera pygmées, ou Drosera miniatures, fabriquent de petites structures au centre de la rosette appelées propagules ou gemmes à la fin de la saison estivales. Ces petites feuilles contiennent un minuscule embryon en leurs centre composé de cellules prêtes à se multiplier. Au moindre contact, ces feuilles se détachent du pied mère et tombent un peu plus loin, elles se développent et redonnent un clone du pied mère après quelques semaines. Cette technique de multiplication végétative est particulièrement efficace chez ce groupe d’espèces plus ou moins bisannuelles chez qui la multiplication sexuée est difficile.

drosera patens octobre 2014 (1)Gemmes chez Drosera patens
  • Rempotage et division de touffe

Il est aussi possible de rempoter et de diviser certaines plantes en automne, notamment les Sarracenia. Si vous possédez un pied mère avec plusieurs points de croissance, il suffit de le dépoter, de casser les rhizomes (qui doivent avoir des racines) puis de les replanter dans un mélange classique de tourbe blonde non enrichie et d’un ou plusieurs drainant(s) tel que le sable de Loire non calcaire, la perlite ou encore la vermiculite.

Pour toutes questions ou informations complémentaires, n’hésitez pas à me contacter à l’adresse suivante :

phagophytos@gmail.com

Enjoy !

Sarracenia et fleur d’Araceae, un exemple du principe de Convergence Evolutive

La convergence évolutive est un mécanisme qui pousse des espèces n’ayant pas de parenté proche à développer un phénotype similaire car leur environnement leur impose des contraintes similaires. En d’autres termes, des plantes éloignées génétiquement peuvent avoir tendance à se ressembler morphologiquement car elles subissent des pressions identiques pour une certaine fonction.

Prenons un exemple concret. La plante ci-dessous est un Arisaema ciliatum (de la famille des Araceae) aussi appelé « Cobra lily », tout comme le Darlingtonia californica, qui signifie « Lys Cobra ». La forme de la fleur ressemble étrangement aux pièges de Sarracenia ou aux « uppers » de certains Nepenthes, et cela n’est pas une coïncidence.

Arisaema ciliatum chez Pépinière des Avettes

Cette fleur, appelée Spathe, a beaucoup de point commun avec nos plantes carnivores car sa fonction est la même. En effet, elle « piège » les insectes à la base du spadice (excroissance au centre de la fleur portant les organes reproducteurs – pollen et/ou pistil-) qui ne peuvent ressortir sans être couvert de pollen, parfois plusieurs jours plus tard.

L’attraction des insectes à la base du spadice est une pression évolutive qui a sélectionné le phénotype que nous voyons actuellement, c’est à dire une forme tubulaire, une sécrétion d’odeurs particulières, un opercule pour ne pas que la pluie ne remplisse le spathe et le casse… Un peu comme les Sarracenia et les Nepenthes.

elvis presley septembre 2014 (4)
Sarracenia x « Elvis Presley »

Ce mécanisme est aussi celui à la base des différentes familles de plantes carnivores utilisant des pièges à glu. Le substrat étant pauvre, les individus pouvant sécréter du mucilage ont été sélectionné car cela leur apportait un avantage certain sur les autres. C’est pour cela que des genres assez éloignés génétiquement comme les Drosera, les Pinguicula ou encore les Byblis (voir arbre phylogénétique ci-dessous) ont développé des pièges à glu, car les pressions environnementales étaient les mêmes.
arbre phylogénétique
Enjoy !

crédit photo :

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