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Un peu de botanique alpine – partie 1

Bonjour à toutes et tous,

Je profite de l’hiver pour faire un peu de tri dans mes photos, et je me suis rendu compte que je n’avais pas publié les photos d’un stage botanique de plusieurs jours dans les Alpes suisses. Voici donc quelques clichés identifiés d’espèces typiquement alpines !

Antennaria dioica
Antennaria dioica
Astrantia minor
Astrantia minor
Biscutella laevigata
Calluna vulgaris
Cryptogramma crispa
Doronicum grandiflorum
Doronicum grandiflorum
Empetrum nigrum
Empetrum nigrum
Geranium sylvatica
Geum montanum
Geum montanum
Leontodon helveticus
Leontodon helveticus
Loiseleuria procumbens
Loiseleuria procumbens
Juncus trifidus
Juncus trifidus
Juncus trifidus
Luzula lutea
Luzula lutea
Luzula sieberi
Luzula sieberi
Pedicularis tuberosa
Melampyrum pratense
Melampyrum pratense
Pulsatilla alpina
Pulsatilla alpina
Pinguicula alpina
Rhododendron ferrugineum
Rhododendron ferrugineum
Senecio incanus
Senecio incanus
Sempervivum montanum
Silene exscapa
Silene rupestris
Paradisia liliastrum
Vaccinium gaultherioides
Vaccinium gaultherioides
Vaccinium gaultherioides
Vaccinium vitis-idaea
Vaccinium vitis-idaea
Vaccinium myrtillus
Vaccinium myrtillus
Vaccinium myrtillus
Trifolium alpinum
Trifolium alpinum

La suite bientôt…

Enjoy !

Les plantes carnivores en Octobre/Novembre – partie 2

bonjour à toutes et tous,

Une dernière série de photos de pour terminer l’année en beauté avec des hybrides et cultivars personnels.

Sarracenia x mitcheliana « Angine »
Sarracenia x « Dantadelle »
Sarracenia x « Guirlande »
HP2013A – Sarracenia « amphibien » x « eva » – clone 1
clone 2

Mix d’hybrides

HP2015#1 – « Adye » x « Bella »
HP2015#9 – (x moorei) x (x mitcheliana)
HP2015#3 – « Bella » x « Rubis rare »
HP2015#5 – « HNI12 » x « Adye » – clone 1
HP2015#5 – « HNI12 » x « Adye » – clone 2
HP2015#5 – « HNI12 » x « Adye » – clone 3

Enjoy !

Les plantes carnivores en Octobre/Novembre – partie 1

Bonjour à toutes et tous,

Comme d’habitude, j’ai un peu de retard dans mes publications de photos… Voici un premier article avec des espèces et hybrides de Sarracenia peu communs !

FR06 – Sarracenia flava var rugelii – la trace rouge n’est pas visible sur ces pièges mais elle est normalement présente, très réduite mais présente.
A12 – Sarracenia alata – black tubes. Les pièges se colorent rarement entièrement de noir, ils sont en revanche bien veinés quand ils s’ouvrent.
H12C – Sarracenia x moorei – clone de Ju! – sxm112 CA
H59 – Sarracenia (leucophylla – heterophylla x leucophylla – L57 MK) x (x moorei « Helen Mary » – H182MK). Très joli en fin de saison !
H59 – Sarracenia (leucophylla – heterophylla x leucophylla – L57 MK) x (x moorei « Helen Mary » – H182MK)
H52 – Sarracenia x aerolata – colorfl, snow white flower – sx83 CA. C’est ce genre de clone qui me fait penser que les x aerolata sont encore trop sous estimés.
H49 – Sarracenia x « Bella ». Classique mais toujours aussi sympa !
H57 – Sarracenia leucophylla x oreophila – SHY056a – Un hybride mal identifié mais sympa quand même !
H47 – Sarracenia x catesbaei
H54 – Sarracenia [(purpurea x leucophylla) x purpurea ssp venosa] X “Adrian Slack” – vraiment un hybride sympa !
H61 – Sarracenia x « Leah Wilkerson » – Il a peu poussé cette année à cause d’un rempotage l’année dernière, il devrait être encore plus beau au printemps prochain.
H61 – Sarracenia x « Leah WIlkerson »
H62 – Sarracenia (leucophylla – L14PW x leucophylla – L4MK) x (x moorei « wilkerson white knight ». Il risque d’être sympathique dans les années à venir celui là !
H76 – Sarracenia « Wilkerson white knight » x leucophylla HCW (1 x 2)
H80 – Sarracenia « Potty mouth », un hybride qui ressemble beaucoup à « Dantadelle » !
H71 – Sarracenia x « Adrian SLack »
H69 – Sarracenia leucophylla x « Adrian Slack »
H65 – Sarracenia x aerolata « nightfall »
H74 – Sarracenia x « Liliana » – un peu décevant comme clone.
H81 – Sarracenia x aerolata – SA17 (CA) x SL79 (CA) « Bocaza »
H79 – Sarracenia « Simone » – créé par le grand Jerry Addington et pas courant en Europe.
HNP2018A – Une plantule généreusement donnée par un ami il y a deux ans qui montre aujourd’hui tout son potentiel ! Elle ressemble beaucoup à un x aerolata, affaire à suivre…
L23 – Sarracenia leucophylla var alba – Russel road x L09MK
L19 – Sarracenia leucophylla – white top, yellow flower – Citronelle Alabama
L16 – Sarracenia leucophylla « red stripe » – SL61 CA
L16 – Sarracenia leucophylla « red stripe » – SL61 CA
L16 – Sarracenia leucophylla « red stripe » – SL61 CA
L22 – Sarracenia leucophylla – « Burgundy » (L57 MK) x self
PS02 – Sarracenia psittacina var viridescens
PS02 et PS03 – Sarracenia psittacina var viridescens et var okefenokeensis
PV02 – Sarracenia purpurea subsp venosa f viridescens
PV03 – Sarracenia purpurea subsp venosa « Melissa Mazur »
RW02 – Sarracenia rubra subsp wherryi – wavy lid – Escambia Co. Florida
RG03 – Sarracenia rubra subsp gulfensis – red form – Pond site, Eglin Reserve, Florida
Une inconnue à identifier… Des idées ?

Enjoy !

Les interactions plantes-animaux chez les plantes carnivores : cet article fait peau neuve !

Les organismes entretiennent de nombreuses interactions dans la nature pour leur survie. Les plantes carnivores, qui ont évolué pour attirer, capturer, tuer des proies et en tirer des bénéfices, ont tissé au fil du temps des interactions mutualistes parfois surprenantes avec des insectes et même des mammifères, notamment pour l’acquisition de leur nourriture… Voyons quelles sont ces stratégies évolutives

Retrouvez tous les articles ici : https://phagophytos.com/index-des-articles-documentaires-et-scientifiques/

C’est quoi une « interaction » ?

Il existe plusieurs types d’interactions entre les organismes, vous allez rapidement comprendre qu’elles ne sont pas toujours aussi évidentes qu’elles n’en ont l’air. En effet, du point de vue d’une espèce interagissant avec une autre, une interaction positive va lui apporter un bénéfice (nourriture, protection etc.), une interaction négative un inconvénient (moins de nourriture, voire la mort), mais il existe aussi des interactions neutres.

Prenons quelques exemples : la prédation (ou le parasitisme) représente une interaction entre deux organismes, positive pour le prédateur ou le parasite (obtention de nourriture et/ou de logis) et négative pour la proie ou l’hôte (réduction du feuillage, affaiblissement, mort etc.). La compétition représente une interaction négative pour les deux (ou plus !) organismes qui luttent pour l’obtention d’une ressource limitée (lumière, nutriment, espace etc.). Enfin, dans le cas de la symbiose ou du mutualisme, les organismes en interaction obtiennent tous des bénéfices. Nous pouvons maintenant compliquer un peu les choses avec le commensalisme qui représente une interaction positive pour une espèce et neutre pour une autre, par exemple, la facilitation entre des espèces arbustives et de petites plantes annuelles qui profitent de l’ombre créée par les premières sans pour autant perturber leur développement. En effet, les arbustes ont des racines profondes et ne sont pas impactés par la croissance des plantules, en revanche, les plantules sont largement bénéficiaires de la présence de l’arbuste qui crée un micro-climat plus frais et plus humide dans une région désertique. L’inverse du commensalisme s’appelle l’amensalisme et représente cette fois une interaction neutre pour un parti et négative pour l’autre, par exemple, le piétinement répété des végétaux par des animaux qui peut conduire à un changement de communauté végétal.

Photo 7 - Une image pour résumer le phénomène de facilitation
Une plante en coussin (Frankenia triandra), facilite l’implantation d’un jeune arbuste près du Salar de Uyuni, en Bolivie.

Les interactions classiques chez les plantes carnivores

Comme beaucoup d’autres espèces de plantes à fleur, les plantes carnivores ont besoin d’insectes pour la pollinisation des fleurs et donc la reproduction sexuée des espèces. Cette interaction est qualifiée de « mutualiste » car les deux organismes tirent des bénéfices de ce phénomène : l’insecte se nourrit de pollen et/ou de nectar et la plante se reproduit. Elles entretiennent aussi une interaction que l’on peut qualifier de « prédation » en capturant des insectes. En revanche, elles ont développé des mécanismes assez astucieux pour ne pas capturer leurs pollinisateurs ce qui pénaliserait leur reproduction et leur potentiel adaptatif. La fleur peut être produite avant les pièges, comme c’est le cas chez les Sarracenia, et ainsi séparer dans le temps la reproduction et la prédation. Elle peut aussi être perchée au sommet d’une longue hampe florale, loin des feuilles transformées en pièges, comme c’est le cas chez la dionée (Dionaea muscipula) ou chez de nombreuses Drosera. Enfin, les plantes carnivores peuvent produire des composés volatiles odorants ou des signaux visuels différents soit pour attirer les proies au niveau des pièges soit pour attirer les pollinisateurs au niveau des fleurs. Ces trois méthodes permettent la séparation temporelle, géographique et sensorielle des fleurs et des pièges.

Une abeille charpentière pollinise des fleurs de Sarracenia leucophylla en Europe. Cette abeille n’est pas capturée par les pièges qui commence à peine à se former.

Un mutualisme inattendu

Détaillons maintenant plusieurs interactions que les plantes carnivores entretiennent avec d’autres organismes (liste non exhaustive).

  • Commensalisme entre araignées et Sarracenia

Dans leurs milieux naturels, certaines araignées, notamment l’araignée lynx (Oxyopidae), profitent de l’attraction des insectes par les Sarracenia pour tisser leur toile à l’entrée des pièges ou à proximité de ces derniers augmentant ainsi ses chances de capturer des proies. La plante produisant plusieurs pièges ne se voit pas ou peu impactée par ce petit désagrément qui ne dure guère plus de quelques semaines en général. Ces mêmes araignées sont aussi capables d’entrer dans le piège d’un Sarracenia sans glisser sur les parois afin d’aller chercher leur repas dans l’antre de la plante carnivore. Ce type d’intéraction, vous l’aurez compris, est du commensalisme.

Araignée lynx postée à l’entrée du piège d’un Sarracenia flava. Photo : Sarracenia.com

Ce genre de phénomène est aussi régulièrement observé en culture et il n’est pas rare que des araignées tissent leur toile à proximité des urnes redoutablement attractives pour les insectes. D’autres interactions commensalistes sont observables comme par exemple ce papillon qui profite du nectar des Sarracenia sans risquer de se faire piéger grâce sa taille. La plante produisant du nectar en continu ne se voit pas impactée par la présence de ce papillon.

papillon sur Sarracenia octobre 2014 (5)

  • Punaises et Roridula

Passons maintenant aux vraies interactions mutualistes. Le Roridula gorgonias est une plante protocarnivore, cela signifie qu’elle est capable d’attirer et de capturer une proie mais ne produit pas d’enzymes digestives. Dans son milieu naturel en Afrique du Sud, cette plante héberge une petite punaise (Pameridea marlothii) qui vit sur ces feuilles et qui arrive à éviter les trichomes englués d’une résine extrêmement collante, plus encore que celle du genre Drosera. Cette punaise se nourrit des proies capturées par le Roridula et, en contre partie, ses déjections très riches en azote sont directement assimilées par les feuilles de la plante, lui permettant ainsi une meilleure croissance.

On lit souvent, à tord, que cette relation est une parfaite symbiose entre la plante et l’insecte. En réalité, il s’agit d’une interaction mutualiste car la plante peut survivre sans la présence de cette punaise, et vise versa, ce qui n’est pas le cas dans une réelle relation symbiotique où les deux organismes sont interdépendants pour leur survie (algues et champignons chez le lichen par exemple).

Les punaises attaquent une mouche capturée par une Roridula. Photo : carnivorousockhom.blogspot.com

  • Les interactions des Nepenthes

Le genre Nepenthes est sans aucun doute le genre qui entretient le plus de relations mutualistes avec les animaux. Il existe de très nombreux exemples mais nous n’aborderons ici que certains d’entre-eux, vous verrez, assez représentatifs.

Commençons par Nepenthes albomarginata, reconnaissable entre mille par la ligne blanche qui ceinture l’entrée de son piège. Cette structure blanchâtre est en fait composée de milliers de petits trichomes qui sécrètent une substance très appétante pour les termites. Ces dernières sont attirées jusqu’au piège où elles peuvent se nourrir à volonté. En contre partie de la production coûteuse en énergie d’une nourriture spéciale et unique chez les Nepenthes, certaines d’entre-elles tombent malencontreusement dans le piège, nourrissant ainsi la plante.

Nepenthes albomarginata recouverte de termites. Photo : http://www.tropicalplantbook.com/

D’autres espèces nouent une relation mutualiste avec des amphibiens et notamment des grenouilles. Ces dernières sont capables de ne pas glisser à l’intérieur du piège et, un peu comme l’araignée lynx chez les Sarracenia, elles se postent à l’intérieur de l’urne en attendant que les proies arrivent, la plante digère alors ses excréments riches en azote. Des grenouilles sont aussi souvent observées à l’entrée des pièges de Sarracenia.

Grenouille attendant patiemment l’arrivée de proies. Photo : Wikipedia

Chez Nepenthes ampullaria, une espèce de grenouille (Microhyla nepenthicola) pond directement ses œufs à l’intérieur de l’urne. Les petits têtards, qui ne se font pas digérer par le piège, peuvent alors se développer en toute sécurité à l’abri des prédateurs et la plante assimile une fois encore leurs rejets azotés. Cette espèce est d’ailleurs assez particulière car elle semble avoir évolué pour récupérer les feuilles mortes des arbres et les digérer partiellement. Ce serait donc une plante « détritivore » ou coprophage.

Têtards de Microhyla nepenthicola profitant de l’abris d’un Nepenthes ampullaria.

Les abris qu’offrent les urnes de Nepenthes attirent aussi de plus gros animaux tels que des chauve-souris. En effet, Nepenthes hemsleyana propose un abris de choix pour ces mammifères (par exemple l’espèce Kerivoula hardwickii) en les protégeant des prédateurs et du soleil de la journée. Ainsi, ces petites chauves-souris passent leurs journées à l’intérieur du piège et la plante digère une nouvelle fois ses excréments (décidément…). Plus d’explications ainsi qu’une vidéo d’une chauve-souris entrant dans un piège de Nepenthes hemsleyana sont disponibles ici : https://www.livescience.com/51501-pitcher-plants-lure-pooping-bats.html?jwsource=cl.

https://ars.els-cdn.com/content/image/1-s2.0-S0960982215006697-gr1.jpg
Une chauve-souris sors du piège de Nepenthes hemsleyana : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0960982215006697

Enfin, d’autres espèces, Nepenthes rajah et Nepenthes lowii, produisent une substance sucrée sous leur opercule qui attire de petits mammifères. La forme du piège est telle que l’animal est obligé de se positionner juste au dessus de l’entrée de l’urne, ainsi, tout en consommant sa nourriture sous l’opercule, ses déjections tombent dans le piège et sont assimilées par la plante. Chez Nepenthes lowii, cet apport représente jusqu’à 100% de l’azote capturé par la plante ! Nepenthes rajah produit d’ailleurs des pièges de taille impressionnante et capture parfois de petits mammifères. Les sucs sucrés sous l’opercule contiennent des substances volatiles proches de celles de fruits sucrés. De plus, ces espèces ont des couleurs permettant notamment d’attirer spécifiquement un petit mammifère arboricole (Tupaia montana).

Petit mammifère sur une urne de Nepenthes rajah.
[pix_middle.jpg]
Petit mammifère arboricole (Tupaia montana) sur une urne de Nepenthes lowii.

Il existe encore beaucoup d’intéractions mutualistes de ce genre chez les plantes carnivores et nous commençons à les comprendre et à les étudier depuis une vingtaine d’années (en particulier chez les Nepenthes). N’oublions pas au passage que certaines plantes carnivores du genre Heliamphora ou encore Darlingtonia ne sont capables d’assimiler l’azote de leurs proies uniquement grâce à un mutualisme avec des bactéries qui digèrent les insectes pour elles et rendent accessibles les nutriments à l’absorption en les découpant ; c’est d’ailleurs en partie ce qu’il se passe dans la digestion des Hommes (flore intestinale) et des animaux en général.

Enjoy !

Source photo : Phagophytos si non mentionnée sur l’image ou en légende.

Les plantes envahissantes, la nouvelle « chasse aux sorcières de la science » ? Réactions à chaud #2

Dans ma newsletter préférée, je suis récemment tombé sur un article pour le moins étonnant car il fait l’éloge des plantes envahissantes (ou « invasives ») sur un ton léger mais aussi provocateur. Je me suis dit que c’était le bon moment pour refaire un article « réaction à chaud » afin de montrer les gros biais de cet article (qui ne se veut pas scientifique pour autant), les fausses vérités exposées, mais aussi pour vous présenter les problématiques autour des plantes envahissantes.

L’article en question est le suivant : https://blog.defi-ecologique.com/plantes-invasives/

Les pourpiers font des fleurs magnifiques, ils sont pourtant envahissants dans certaines îles où ils remplacent complètement la végétation locale.

« Croisade contre les plantes invasives », « racisme envers les plantes », « plantes invasives et immigrés, même combat » : un article orienté

Rapidement, on se rend compte que l’article décrit le point de vue d’une personne qui dénigre légèrement la science de manière générale et qui rapproche le « sort » des plantes « invasives » à celui des migrants. Aïe, ça fait déjà beaucoup. Attardons-nous rapidement sur ces quelques phrases qui montrent d’entrée de jeu que cet article – quoique bien écrit – est peu objectif, puis passons aux choses sérieuses.

« Cette nouvelle croisade contre nous autres « plantes invasives » ressemble à s’y méprendre à une chasse aux sorcières, dont bien entendu, modernisme oblige, la science se porte garante. »

« Le tout sur fond de racisme : en quoi aurions-nous moins de droits que les plantes qui se trouvaient ici avant notre arrivée ? Elles non plus n’ont pas toujours été là. Elles ont débarqué au fil des refroidissements et des réchauffements du climat sans qu’un quelconque Le Pen paléolithique ne vienne contester le bien-fondé de leur présence… Plantes « invasives » et immigrés : même combat ! « 

Bon je pense qu’il n’y a pas besoin de plus de preuves de l’orientation de l’article qui part du principe que la science adore les chasses aux sorcières, que les scientifiques et naturalistes qui luttent tous les jours pour stopper l’effondrement de la biodiversité sont un peu comparé à des extrémistes racistes en arrachant les plantes envahissantes qui elles-même sont comparées à des immigrés… Et puis le reste de l’article est parsemé de petites vérités utilisées dans un mauvais contexte, par exemple comme le fait que l’Homme cherche désespérément à contrôler son environnement et éliminer tout ce qui se met sur son chemin, dont les plantes invasives. Cette phrase n’a aucun sens puisque c’est nous-même qui avons introduit ces plantes devenues envahissantes et problématiques !

Alors oui, les plantes « indigènes » n’ont pas toujours été là et à l’échelle des temps géologiques il y a des phénomènes de colonisation/disparition du continent européen aux fils des cycles de glaciations (qui s’étalent sur plusieurs dizaines de millier d’années). Mais les plantes considérées comme « invasives » sont arrivées en grand nombre, très récemment, dans un pas de temps minuscule à l’échelle d’un cycle glaciaire et surtout, elles ont été apportées par nous, les Hommes. Dire que les plantes envahissantes et les indigènes sont finalement toutes des plantes « venant d’ailleurs » revient à dire que le réchauffement climatique, c’est bidon, c’est pas grave, car il a déjà fait plus chaud auparavant… On mélange complètement les responsabilités et les échelles de temps.

Bon, l’article est biaisé. Mais qu’en est-il de la réalité ? Qu’est ce que l’on appelle une plante « invasive », et quelles sont les conséquences sur la biodiversité locale pour que la « science » souhaite autant leur lente et terrible agonie ?

Viola cenisa est une espèce indigène, rare et endémique des Alpes, c’est-à-dire qu’on ne la retrouve nulle part ailleurs dans le monde

C’est quoi une plante invasive ?

Il faut bien faire la différence entre plusieurs termes : plantes « invasives » (on dit « envahissantes » d’ailleurs en français), exotiques, et mauvaises herbes.

Commençons par les « mauvaises herbes« . En fait, il n’y a pas de « mauvaises » herbes ou de « mauvaises » plantes d’un point de vue purement biologique. Simplement, le terme fait référence à des espèces généralement communes dont nous ne tirons aucune utilité (même si certaines sont comestibles) et qui ont tendance à pousser à la place de nos plantations, que ce soit dans les champs, dans les pots, ou dans les potagers. Vous avez par exemple le pissenlit, le chiendent, le liseron, le trèfle etc. Ces noms communs peuvent représenter plusieurs espèces. Ces plantes sont généralement indigènes, c’est à dire qu’elles poussent naturellement dans nos régions et n’ont pas été récemment introduites. Ce sont en revanche souvent des plantes qui aiment les milieux cultivés/perturbés et qui se caractérisent par une croissance rapide, une floraison abondante et une dispersion très efficace. Elles poussent naturellement dans des habitats perturbées temporaires et ont donc besoin de rapidement boucler leur cycle de vie (et se reproduire efficacement) si elles veulent survivre dans la nature (chablis, falaise, zone inondable etc.).

Passons aux exotiques (ou exogènes/néophytes), elle n’ont rien à voir avec les tropiques ou les plantes d’intérieur, ce terme regroupe en fait toutes les plantes qui ne sont pas indigènes, c’est à dire qu’elles ont été introduites – quasiment exclusivement par l’homme – récemment au court de l’histoire. Cela peut faire déjà plusieurs siècles ou seulement quelques décennies. Elles sont souvent originaires d’Amérique du Nord, d’Asie ou d’Australie et arrivent à survivre dans notre climat car elles poussent elles-même dans un climat similaire, sous les mêmes latitudes, mais ailleurs sur la planète. Ces plantes exotiques sont souvent des échappées de jardins privés ou botaniques et ont été traditionnellement cultivées pour leur caractère ornemental. Elles se divisent en deux catégories : les exotiques naturalisées que l’on retrouve dans nos milieux naturels sans pour autant poser de problèmes directes à la biodiversité indigène, et les exotiques envahissantes (= « invasives »)

Les plantes envahissantes sont donc des plantes exotiques, venant d’ailleurs, mais qui ont un développement incontrôlé dans leur nouvelle aire de répartition au point de prendre la place des espèces indigènes. Elles ont été introduites par l’Homme, volontairement ou non. Nous voyons ici que le véritable problème de ces plantes n’est pas tant leur origine comme l’article semble vouloir le faire croire, mais bien leur développement dans les habitats naturels locaux.

Nous nous concentrerons ici sur les plantes envahissantes mais il existe aussi tout un tas d’insectes et d’animaux exotiques envahissants qui posent aussi de nombreux problèmes (économiques) peut être plus visibles (frelon asiatique qui décime les abeilles domestiques, pyrale du buis qui a rasé les buxaies (forêt de buis) françaises etc.).

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La Renouée du Japon ( Reynoutria japonica ) colonise les berges des ruisseaux et les milieux humides au détriment des espèces locales. Ces habitats sont rares et souvent protégés. Source : http://www.ville.rimouski.qc.ca

Pourquoi une plante devient envahissante ?

Tout d’abord, il faut se rendre compte qu’il est extrêmement difficile pour une espèce de s’implanter dans une nouvelle aire géographique. Il faut réunir plusieurs conditions pour cela avec à chaque étape des risques de disparition. 1) il faut déjà que la plante atteigne la nouvelle aire, sous forme de graine ou de propagule (morceau de racine, bouture etc.). Ce phénomène, qui est aujourd’hui facilité par les transports globalisés de notre société, était traditionnellement le facteur qui empêchait les espèces poussant dans un climat similaire au notre d’arriver dans nos contrées. Il existe en effet tout un tas de barrières naturelles qui bloquent la dispersion des espèces comme : les déserts, les mers/océans, ou les chaînes de montagne. 2) Il faut ensuite que la propagule pousse/germe et donne naissance à une nouvelle plante capable d’atteindre la maturité sexuelle dans de bonnes conditions sans se faire manger par un herbivore, sans attraper de maladie etc. Le froid de l’hiver en Europe met généralement fin à toutes les plantules tropicales qui arrivent tout de même à pousser durant l’été. 3) Il faut ensuite que la fleur soit fécondée et produise des graines. Il est donc nécessaire qu’il y ait suffisamment d’individus, féconds en même temps, et que les pollinisateurs locaux soient attirés par ces nouvelles fleurs (ou qu’il y ait une pollinisation par le vent). Là encore, les probabilités de réussite sont minimes sauf si l’espèce s’autopollinise et ne dépend donc pas de forces extérieures pour sa reproduction. 4) Finalement, il faut que le fruit arrive à maturité et que les graines soient correctement dispersées pour que le cycle recommence.

Il est très difficile de savoir avec précision pourquoi une plante devient envahissante, d’autant plus que certaines espèces ont été introduites il y a fort longtemps et ne sont devenues envahissantes que plusieurs décennies voire siècles après leur introduction. Cela proviendrait du fait qu’elles ont parfois besoin de temps pour complètement s’acclimater aux nouvelles conditions, ou que la population a besoin d’un certain nombre d’individus avant d’être réellement capable de se reproduire efficacement. Néanmoins, plusieurs critères semblent favoriser le caractère envahissant des espèces : une croissance rapide, une dispersion et une multiplication efficaces, de l’autopollinisation et donc une indépendance aux pollinisateurs, une préférence pour des milieux perturbés etc.

Les plantes envahissantes chez nous ne le sont pas dans leur pays d’origine, pourtant elles ont les mêmes caractéristiques. Comment cela se fait-il ? Il y a plusieurs choses à prendre en considération. Dans leur habitat naturel, ces espèces ont évolué avec une multitude de contraintes et d’intéractions avec des animaux, des champignons, d’autres plantes etc. Par exemple, la compétition avec les autres espèces pour la lumière ou les nutriments, l’herbivorie des animaux ou des insectes à laquelle l’espèce doit faire face et se protéger, les maladies cryptogamiques (champignons) qui régulent aussi les populations etc. Sorties de leur habitat, ces contraintes et intéractions changent et certaines disparaissent. Lorsqu’elles arrivent dans une nouvelle aire géographique, les herbivores (animaux + insectes) et les maladies n’ont pas évolués pour s’attaquer à ces nouvelles espèces et les laissent donc tranquilles. Cela signifie que les envahissantes sont rarement mangées ou malades et peuvent croître en toute sérénité alors que les espèces locales luttent constamment contre des maladies ou des parasites. Cela leur confère un avantage certain sur leurs concurrentes indigènes et pourrait expliquer pourquoi leur développement pose problème chez nous et non dans leur milieu naturel. Attention, je vous rappelle que toutes les espèces exotiques ne sont pas envahissantes, loin de là ! Les envahissantes représentent finalement une faible proportion problématique d’espèces exotiques. Enfin, il n’y a pas que chez nous que nous souffrons d’espèces envahissantes. En Amérique du Nord par exemple, beaucoup d’espèces européennes et françaises posent des problèmes considérables aux écosystèmes américains alors qu’elles peuvent parfois être rares chez nous !

Vinca minor est une petite pervenche de sous bois indigène en Europe. Elle est pourtant classée comme envahissante aux États-Unis.

Quelles sont les impacts sur la biodiversité ?

Les espèces envahissantes posent de vrais problème pour la biodiversité, c’est même ce qui les définit en fait. Tout d’abord, là où une plante exotique pousse, une plante indigène ne peut pas pousser. Les envahissantes réduisent donc virtuellement la place disponible pour les espèces locales, et nous savons que la biodiversité indigène est déjà extrêmement fragilisée par l’expansion des activités humaines. De plus, les espèces les plus problématiques poussent généralement dans des milieux rares et très sensibles. Par exemple, les zones humides abritent une biodiversité exceptionnelle mais sont envahies par la Renouée de Japon (Reynoutria japonica). Dans ces milieux, elles remplacent parfois totalement les espèces locales qui disparaissent !

Selon le dernier rapport de l’IPBES qui fait office de référence en terme de recherche sur l’état de la biodiversité, les espèces invasives font parti des 5 grandes causes directes de l’extinction des espèces avec le changement climatique, la conversion des espaces naturels, la pollution au sens global et l’exploitation directe des organismes. Je vous invite d’ailleurs vivement à lire ce rapport très bien fait pour vous faire votre propre idée de la situation actuelle (il date de Mars 2019).

Voici quelques exemples de plantes envahissantes en France

Description de cette image, également commentée ci-après
Ambrosia artemisiifolia, qui pose des problèmes d’allergies à la population humaine à cause de sa forte production de pollen
Source photo : Wikipedia
Description de cette image, également commentée ci-après
Symphyotrichum lanceolatum
Source photo : Wikipedia
Description de cette image, également commentée ci-après
Heracleum mantegazzianum, bien que majestueuse, sa sève est phototoxique : une goutte sur votre peau vous fera des ampoules qui peuvent nécessiter une hospitalisation !
Source photo : Wikipedia
Description de cette image, également commentée ci-après
Cortaderia selloana, une belle plante échappée des jardins privés. Elle est encore régulièrement plantée et vendue en jardinerie.
Source photo : Wikipedia
Description de cette image, également commentée ci-après
Impatiens glandulifera
Source photo : Wikipedia
Description de cette image, également commentée ci-après
Robinia pseudoacacia
Source photo : Wikipedia

Quid des plantes exotiques « pas encore » envahissantes ?

Les plantes envahissantes posent problème, c’est certain. Mais qu’en est-il des exotiques qui se naturalisent ? Finalement, nous avons vu que la biodiversité indigène a déjà de moins en moins de place pour survivre et si de nouvelles espèces arrivent avec les mêmes niches écologiques, cela risque de fragiliser les équilibres des écosystèmes. D’autant plus que les espèces locales entretiennent des interactions fortes avec toute la biodiversité locale (insectes, oiseaux etc.) permettant une certaines résilience des écosystèmes. En revanche les plantes exotiques ont moins (ou pas du tout) d’intéractions avec la biodiversité locale et entretiennent donc moins la résilience des écosystèmes.

Pour autant, le débat est plus complexe que ça. Les espèces exotiques qui se sont naturalisées semblent finalement se faire réguler par les organismes des écosystèmes locaux et peuvent même s’avérer utiles : certaines d’entre-elles offrent de la nourriture aux pollinisateurs par exemple. C’est ce que l’on appelle un service écosystémique, et certaines espèces exotiques en produisent beaucoup, de services ! Enfin, certains posent la question du changement climatique et de l’inévitable introduction de nouvelles espèces, plus adaptées au climat futur que nous subirons (températures plus chaudes et moins de précipitation). Je vous donne mon avis personnel en fin d’article à ce sujet.

Le marronnier commun (Aesculus hippocastanum) est une espèce commune en Europe de l’Ouest, pourtant elle y a été introduite au XVIe siècle ! Elle ne pose pas de problème pour la biodiversité locale.
Source photo : Wikipedia

Comment lutter et est-ce efficace ?

Comme chez les insectes envahissants, la lutte contre ces plantes est très difficile et coûteuse. Il y a peu de victoires et lorsqu’une espèce semble éliminée, elle revient quelques années plus tard. Il y a pourtant régulièrement des campagnes d’arrachage des espèces problématiques mais il est impossible d’être certain d’avoir enlever tous les individus. De plus, certaines d’entre-elles se reproduisent très bien végétativement, à partir de morceaux de racine, rhizome, feuille etc. Enfin, certaines graines peuvent rester dormantes sous terre pendant plusieurs années avant de germer, ce qui complique encore plus la situation.

Pourtant, il est important de protéger la biodiversité locale – déjà très impactée par les activités anthropiques – car nous sommes complètement responsables de l’introduction des envahissantes. Les insectes envahissants sont parfois régulés au bout de quelques années par des prédateurs locaux (oiseaux par exemple) qui apprennent à utiliser cette ressource de nourriture. Il est en revanche plus difficile de se débarrasser des plantes de cette manière car les insectes herbivores ou les champignons ont peu, voire pas du tout, de capacité d’apprentissage. Il faut donc aujourd’hui financer des campagnes d’arrachages systématiques.

Nous pourrions lutter à notre niveau en n’encourageant pas la plantation d’espèces exotiques partout et encore moins d’envahissantes. En effet, les haies de nos jardins, les espèces plantées dans les rond-points et autres massifs communaux sont quasiment exclusivement des espèces exotiques au potentiel envahissant non négligeable pour certaines d’entre-elles (je pense notamment au ricin qui en plus d’être envahissant est extrêmement toxique) ! Un bon début dans la lutte contre ces invasives serait de planter des espèces locales et de limiter les exotiques surtout lors de plantation de masse, il existe un paquet de plantes indigènes parfaitement compatibles pour les haies et les massifs. Il faudrait aussi pouvoir reconnaître les espèces problématiques et les arracher dés lors qu’on les rencontre…

Thelypteris palustris (au premier plan) est une fougère qui pousse dans des zones très humides. Elle est aujourd’hui menacée d’extinction dans la nature, entre autre à cause de la Renouée du Japon qui colonise les milieux humides et fait disparaître ces espèces fragiles.

Conclusion

J’espère vous avoir fait comprendre tout l’enjeu autour des plantes envahissantes qui représente une problématique compliquée mais terriblement d’actualité. Ces espèces ont été introduites par l’homme et représentent aujourd’hui un danger pour la biodiversité locale.

Mon avis est qu’il faudrait lutter encore plus efficacement contre les espèces envahissantes et fortement limiter l’introduction d’espèces exotiques si nous pouvons les remplacer par des espèces locales, qui intéragissent avec la biodiversité locale. Je trouve aussi dommage de vouloir introduire de nouvelles espèces exotiques dans les forêts, par exemple, afin d’optimiser la production de bois dans un contexte de changement climatique (c’est une question qui se pose vraiment actuellement). En effet, comme la (très grande) majorité des forêts sont gérées et entretenues pour qu’elles soient rentable économiquement, il est montré que les espèces locales ne sont peut être plus les plus intéressantes pour la production de bois si les températures augmentent. L’idée est donc de les remplacer par des espèces de climat plus chaud. Mais cela reviendrait à changer complètement la base du système trophique de ces écosystèmes alors que la vraie solution serait de ne pas entretenir le changement climatique ! Enfin, pour revenir à l’article qui m’a servi de prétexte pour parler des espèces envahissantes, il faut faire attention à ce que l’on écrit sur Internet pour ne pas que cela soit repris, ou interprété comme une vérité absolue dés lors que l’on donne un point de vue. Je trouve personnellement très maladroit et peu pertinent de rabaisser les scientifiques et la science en général sur un site Internet très visité et dont le reste du contenu est tout à fait intéressant. De même, faire l’éloge des plantes envahissantes est problématique, surtout si cela incite certains lecteurs à en cultiver ou à les multiplier !

Je voudrais pour terminer ouvrir un peu la discussion concernant les plantes exotiques plantées. Je trouverais cela fort dommage que les arbres plantés dans les rues, les plantes des haies ou des massifs soient exactement les mêmes que l’on se trouve en France, aux Etats-Unis, au Japon ou en Nouvelle-Zélande. Nous observons une sorte d’uniformisation de la végétation des grandes villes aux climats similaires et cela enlève un peu de l’identité visuelle et du charme des différentes régions de la planète.

Donnez moi vos avis =)

Enjoy !

Cet Aster acheté en jardinerie et qui est planté dans mon jardin est magnifique et fleurit abondamment en Automne, ce qui fait le bonheur des insectes pollinisateurs. En revanche, il ne faut pas oublier que cette plante sélectionnée est exotique et qu’il faut donc faire très attention à ne pas la propager en dehors de votre massif !

Hybrides personnels sélectionnés en photos !

Bonjour à toutes et tous,

Pour compléter l’article photo précédent, voici maintenant une série de clichés uniquement de nouveaux hybrides personnels sélectionnés. Ils ont 4 ans ou plus et donc leurs caractéristiques commencent à se préciser… Lesquels préférez-vous ?!

HNP2015B – Sarracenia leucophylla « giant » x flava « maxima ». Peu de variations dans les descendants de cette hybridation, ce qui est normale lorsque l’on hybride deux espèces pures. Certains individus ont en revanche une belle forme, une ouverture assez large, une taille déjà conséquente comparée aux plantules du même âge, et des ocelles blanches bien marquées. Je sélectionnerai probablement deux ou trois clones et vendrai les autres.
HNP2015B – même hybridation mais celui là montre des couleurs un peu plus vives.
HP2013A – Sarracenia « Amphibien » x « Eva » – CLONE 1 – J’ai gardé 3 clones de cette hybridation qui m’a un peu déçu car je pensais avoir plus d’ocelles blanches dans la descendance. Finalement, les descendants ressemblaient beaucoup à « Amphibien » avec une forme globale un peu différente et quelques ocelles rares. J’aime cet individu car le péristome des pièges est toujours déformé ou en forme de vague, d’où sa sélection.
HP2013ASarracenia « Amphibien » x « Eva » – CLONE 1
HP2013ASarracenia « Amphibien » x « Eva » – CLONE 1
HP2013ASarracenia « Amphibien » x « Eva » – CLONE 1
HP2015#1 – Sarracenia « Adye » x « Bella » – CLONE 1 – C’est pour le moment le seul clone sélectionné de cette hybridation qui n’a donné que peu de descendants. Cette plante est vigoureuse, bien colorée toute l’année et montre quelques ocelles blanches.
HP2015#1 – Sarracenia « Adye » x « Bella » – CLONE 1
HP2015#1 – Sarracenia « Adye » x « Bella » – CLONE 1
HP2015#1 – Sarracenia « Adye » x « Bella » – CLONE 1
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 1 – Ce clone ressemble énormément à « Rubis rare », mais j’aime beaucoup le dégradé de couleur rouge lorsque les pièges sont jeunes. Ils deviendront ensuite très noirs. On peut deviner quelques ocelles blanches mais presque rien, je suis assez étonné que ce caractère n’ait presque pas été transmis à la descendance.
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 1
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 1
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 1
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 1
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 1
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 1
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 2 – Je ne suis pas certain de la parenté de ce clone (il était noté « Adye » x « Bella ») mais je pense finalement, après réflexion, qu’il s’agit bel et bien du même hybride que la plante du dessus. Il a en effet une croissance très importante en automne ce qui est peu caractéristique de « Adye » et produit des pièges vraiment très imposants. Ces photos présentent les pièges du printemps et de l’été mais les pièges d’automne qui se forment actuellement sont clairement plus gros à l’ouverture et bien plus grand. C’est probablement un des clones les plus intéressants de toutes les hybridations que j’ai faites en 2015.
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 2
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 2
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 2
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 2
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 2
HP2015#3 – Sarracenia « Bella » x « Rubis rare » – CLONE 2
HNP2015#4 – Sarracenia « HNI12 » x leucophylla (L05 – green giant). Les plantules de cette hybridation sont assez similaires mais cet individu est clairement le plus grand et le plus vigoureux de tous et c’est pour cela que je l’ai sélectionné. C’est aujourd’hui la plante la plus haute de mes hybridations de 2015 (après les x moorei présentés en premier)
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 1 – Cette hybridation m’a donné des résultats extraordinaires et lorsque j’aurai plus de temps et de place, je la referai probablement. Beaucoup de plantules ont des veines inversées comme les trois clones qui suivent (mais pas toutes), mais ces trois clones là sortent vraiment du lot en terme de coloration, les autres étant plus ternes. Ce clone là est le plus coloré de tous et garde ses veines inversées jusqu’à la fin de l’année alors que les pièges se colorent de plus en plus de rouge sombre. Étrangement, les pièges d’automne sont moins colorés mais montrent quand même des veines inversées.
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 1
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 1
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 1
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 1
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 1
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 2 – Ce second clone ressemble beaucoup au premier dans la forme des pièges mais celui-ci possède plusieurs avantages : des ocelles blanches sont bien visibles, on a un dégradé de couleur au niveau du dessus de l’opercule à mesure que l’on se rapproche du bord, le dessous de l’opercule est blanc et vert, la gorge est rouge mais avec des veines inversées, la plante est plus vigoureuse et, enfin, les pièges de printemps et d’automne sont quasiment identiques. C’est le clone avec le plus de potentiels aujourd’hui.
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 2
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 2
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 2
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 2
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 2
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 2
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 2
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 3 – Ce dernier clone de cette hybridation est le premier que j’avais remarqué. Il a une forme relativement différente des deux premiers et une aile plus développée, surtout à l’automne. Ce clone a des veines inversées vraiment sur toute la longueur du piège, contrairement aux deux autres pour lesquelles elles sont localisées sur l’operculé ainsi qu’à l’entrée du piège. Cette année, ce clone n’a pas fait de pièges très caractéristiques car il a utilisé beaucoup d’énergie pour fleurir.
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 3
HP2015#5 – Sarracenia « HNI12 » x « Adye » – CLONE 3
HP2015#9 – Sarracenia (x moorei – H12A – Green and White) x (x mitcheliana) – CLONE 1 – Le seul clone de cette hybridation pour le moment sélectionné. Il sort clairement du lot avec des pièges très grands et assez imposants, un opercule bien blanc et une coloration verte qui tend vers le jaune quand les pièges vieillissent. La plante est extrêmement vigoureuse !
HP2015#9 – Sarracenia (x moorei – H12A – Green and White) x (x mitcheliana) – CLONE 1
HP2015#9 – Sarracenia (x moorei – H12A – Green and White) x (x mitcheliana) – CLONE 1
HP2015#9 – Sarracenia (x moorei – H12A – Green and White) x (x mitcheliana) – CLONE 1

Il y aura probablement un ou deux derniers articles photos avant la fin de la saison qui approche dangereusement….

Enjoy !

Quelques carnivores d’automne

Bonjour à toutes et tous,

Voici une petite série de photos de quelques plantes qui portent bien depuis la reprise de la croissance automnale, favorisée par des températures clémentes. Cet article photo sera suivi d’un second article avec un focus sur les hybrides personnels dont certains commencent sérieusement à se démarquer des autres !

Drosera capensis « red »
FRT04 – Sarracenia flava var rubricorpora – Sumatra
H48 – Sarracenia x redherii – yeloow flower (ou x miniata ?)
H49 – Sarracenia x « Bella »
H62 – Sarracenia (leucophylla L14PW x L4MK) x ( x moorei Wilkerson White Knight)
L19 – Sarracenia leucophylla – very white top, yellow flower_Citronelle Alabama 
L21 – Sarracnia leucophylla “heterophylla” x L57 MK 
Sarracenia « Guirlande » qui lance sa traditionnelle superbe poussée de croissance automnale. Il sera au maximum de son potentiel en Décembre.
Sarracenia « Guirlande »
Sarracenia « Guirlande »
Sarracenia « Guirlande »
Sarracenia « Rubis rare », lui aussi plutôt sexy en fin de saison
Sarracenia « Rubis rare »
Sarracenia « Rubis rare »
Sarracenia « Rubis rare »
Utricularia inconnue
Utricularia reniformis qui n’a jamais fleuri chez moi depuis que je l’ai, c’est-à-dire 5 ans. Cette année en revanche, c’est un festival de fleurs !
Utricularia reniformis

Enjoy !