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Définition, menaces et protection de la Biodiversité- Partie 1 : COMPRENDRE LA BIODIVERSITÉ ET SON EFFONDREMENT

Ces derniers temps, nous entendons beaucoup parler du réchauffement/changement climatique et cela est en partie dû au fait que les prévisions scientifiques des dernières décennies sont en train de se réaliser, et d’une manière bien plus intense et grave que ce qui avait été imaginé. Malheureusement, ce n’est pas le seul problème auquel nous devons faire face, la pollution, la fragmentation des aires naturelles et l’effondrement global de la biodiversité représentent aussi des problèmes majeurs. Si les espèces disparaissent, on peut penser qu’il suffit de les protéger et que tout ira bien. Est-ce aussi simple que ça ?

Je vous propose ici un nouvel article de vulgarisation sur la biodiversité et sa protection articulé en 3 parties car l’ensemble était un peu long pour être publié en un coup. La première partie traite des problèmes liés à l’effondrement de la biodiversité à différents niveaux pour bien comprendre les liens entre la diversité génétique, des espèces et des paysages. La seconde partie fait un résumé sur les changements globaux actuels (changement climatique, pollution, fragmentation etc.) qui impactent la biodiversité à tous les niveaux. Enfin la troisième et dernière partie résume les solutions existantes basées sur les travaux de recherche pour protéger au mieux la biodiversité à tous les niveaux et en prenant en compte les changements globaux.

Lire la PARTIE 1 : COMPRENDRE LA BIODIVERSITÉ ET SON EFFONDREMENT

Lire la PARTIE 2 : LES CHANGEMENTS GLOBAUX ET LEURS IMPACTS SUR LA BIODIVERSITÉ

Lire la PARTIE 3 : COMMENT PROTÉGER AU MIEUX LA BIODIVERSITÉ ?



 

COMPRENDRE LA BIODIVERSITÉ ET SON EFFONDREMENT 

 

Biodiversité

Les forêts tropicales abritent une biodiversité exceptionnelle

Posons le problème

Nous savons que la biodiversité s’effondre partout sur la Terre, pour diverses raisons : le changement climatique évidemment, la pollution matérielle (plastique), chimique (intrants), lumineuse représente un autre acteur important, la réduction considérable et alarmante des espaces naturelles (exploitation des ressources et étalement des villes) et enfin leur fragmentation. Avant de revenir plus en détails sur ces points que l’on regroupe sous le terme de « changements globaux » dans la partie 2, qu’est ce que ça signifie que la « biodiversité » diminue ?

La biodiversité représente, comme son nom l’indique, la diversité du vivant. C’est à dire la diversité des gênes dans un individu (allèles, résistance génétique etc.), des individus dans une espèce (la diversité des couleurs de peau de l’espèce humaine est un bon exemple), des espèces dans un habitat (nombre d’espèces dans une forêt, une prairie, une rivière etc.), mais aussi des habitats dans un écosystème global, une région, un pays etc. Et bien la biodiversité diminue dans chacun des niveaux présentés car ils sont tous interconnectés et la diminution de l’un provoque irrémédiablement la diminution des autres.

 

La diversité génétique

Au niveau génétique les espèces s’appauvrissent, et nous parlons bien ici des espèces sauvages et non pas des espèces sélectionnées et cultivées qui ont pour la plupart un génome identique les unes avec les autres. En effet, les champs de maïs, de blé ou de colza ont généralement une diversité génétique égale à …. 0 ! Toutes les plantes sont des clones, à peu de choses prêts. Pourquoi cela pose-t-il problème ? Après tout, ces variétés ont été sélectionnées pour leur résistance et leur production. Et bien si un insecte ravageur venu de contrées lointaines, ou une maladie qui s’attaque aux cultures se déclare, l’entièreté de la production sera atteinte. Si la diversité génétique est grande, il y a tout un panel de résistance au sein de la population et certains individus, plus costauds car ils possèdent des allèles de résistance, pourront s’en sortir. Nous n’attrapons pas tous la grippe en hiver, alors que si nous étions des clones avec un patrimoine génétique identique, tout le monde attraperait la grippe en même temps car nous avons exactement les mêmes forces et faiblesses dans notre génome. Cet exemple est très vulgarisé mais ici, c’est le même principe.

Donc nous voyons bien combien il est important de garder une diversité génétique au niveau le plus élevé possible. Mais, les habitats naturels étant toujours plus petits et isolés les uns des autres, cette diversité s’effondre dans la nature. Le problème, c’est que le changement climatique et les grandes voies de transports internationales entraînent un nombre incalculable d’invasion de ravageurs comme par exemple, récemment, la pyrale du buis dont mes plantes carnivores se sont d’ailleurs gavées. Les buis dans la nature ont été ravagés en 2 – 3 saisons à peine, imaginez s’il arrive la même chose aux cultures ?

Chaque plant de blé de ce champs est exactement la copie conforme de son voisin. La faible diversité génétique des cultures pose aujourd’hui problème. Source : http://1.bp.blogspot.com

 

La diversité individuelle

Au niveau des individus, les populations (regroupement d’individus) de quasiment toutes les espèces du monde sont en train de s’effondrer. Nous avons récemment entendu parlé de chiffres du WWF estimant que 60% des individus sur la planète sont morts depuis les années 70. Cela signifie que plus de la moitié de tous les animaux de la planète sont morts en moins de 50 ans. De même, pas loin de 80% des insectes ont disparus en 30 ans en Europe et si vous y pensez bien, il y avait beaucoup plus de bestioles quand nous étions enfant qu’aujourd’hui.

Mise à part le côté éthique du problème, car disons le clairement, tout ceci est de notre faute, ce « génocide écologique » ou « anéantissement biologique » ne présage rien de bon. Cela entraîne une baisse de la diversité génétique comme expliqué précédemment pour une raison simple. Prenez deux aquariums de même taille et mettez dans le premier 3 couples de poissons et dans le second 15 couples de la même espèce. Vous verrez qu’au bout de quelques générations, les descendants des poissons du premier aquarium seront totalement déformés à cause de la consanguinité. Dans la nature c’est à peu près la même chose qui se produit ! Si les individus ne sont pas assez nombreux ET différents d’un point de vue génétique, peu importe la protection que l’on mettra en place, l’espèce est déjà éteinte d’avance. Même s’il reste encore plusieurs individus, ça ne fonctionnera pas sur le long terme, c’est certain. Certaines espèces qui peuplent encore notre planète sont pourtant déjà considérées comme « éteintes » car il n’y a aucune chance que les générations futures puissent survivre avec une diversité génétique et un nombre d’individus aussi faible.

Nous avons malheureusement eu l’expérience médiatique de la mort du dernier mâle rhinocéros blanc (Ceratotherium simum B.) en Mars dernier emportant avec lui toutes chances de survie de son espèce (de sa sous espèce en fait). En réalité, les scientifiques savaient déjà que l’espèce était condamnée puisqu’il ne restait pas assez d’individus pour sa survie sur le long terme, le combat était donc perdu d’avance. Des dizaines voire des centaines d’autres espèces seraient elles aussi déjà condamnées à l’extinction.

Il ne reste plus que 7 000 guépards dans le monde.

Le guépard est une autre espèce qui semble condamnée à l’extinction. Image : Le Monde.

Pour aller plus loin sur cette thématique :

https://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2017/07/10/la-sixieme-extinction-de-masse-des-animaux-s-accelere-de-maniere-dramatique_5158718_1652692.html

https://www.wwf.fr/vous-informer/actualites/rapport-planete-vivante-2018

 

La diversité spécifique

La diversité des espèces est peut être l’aspect le plus documenté et le plus vulgarisé : nous savons tous que les espèces disparaissent. Lorsqu’une espèce a disparu, il faut bien se rendre compte qu’elle n’existe plus, nulle part. Toutes les espèces ne sont pas sensibles de la même manière aux changements globaux et, alors que certaines d’entre-elles vont prospérer dans leurs nouvelles conditions, d’autres, au contraire risquent gros. Nous pouvons lister les caractéristiques qui augmentent naturellement la vulnérabilité de certains groupes aux changements globaux

Tout d’abord, il faut savoir que le nombre d’individu et la rareté naturelle d’une espèce sont des caractéristiques intrinsèques. Par exemple, les fourmis sont globalement très abondantes alors que les éléphants sont rares, cela a toujours été le cas. Certains félins paraissent même invisibles tellement ils sont rares et peu observés : les chats forestiers ou les lynx chez nous, le puma en Amérique etc. Par conséquent, les espèces dont les individus sont peu nombreux de manière naturelle sont beaucoup plus vulnérables aux changements globaux.

En simplifiant au maximum, nous pourrions dire qu’il existe deux stratégies de vie. Les espèces généralistes qui peuvent survivre un peu partout dans un panel de conditions très variables (les mammifères en général dont nous, humains, mais aussi les pissenlits par exemple) et des espèces très spécialisées et très dépendantes de leur milieu dont elles sont adaptées à l’extrême. Par exemple, les plantes qui ne vivent que dans les tourbières (les plantes carnivores) sont incapables de pousser ailleurs, et de manière générale, toutes les espèces inféodées aux zones humides, marais et tourbières, sont parmi les plus menacées par un réchauffement climatique et une réduction des précipitations.

Les top prédateurs sont aussi extrêmement vulnérables car ils dépendent, pour leur survie, de la survie de dizaines, voire centaines d’espèces. Le plus connu des top-prédateur est le loup, et mise à part le fait qu’il est régulièrement chassé pour des raisons totalement obscures et insensées, il a besoin de la survie de ses proies pour sa propre survie, mais prenons plutôt l’exemple du renard. Imaginons que le renard chasse un serpent, il a donc besoin de cette espèce pour sa survie. Mais le serpent se nourrit d’espèces de rongeurs, qui eux-mêmes se nourrissent de graines, qui elles-mêmes sont produites par des plantes qui ont besoin d’insectes pollinisateurs etc. Si un des maillons de la chaîne disparaît, tout ce qui suit disparaît aussi. Par conséquent, les top prédateurs, ceux en haut de la chaîne, sont les plus vulnérables.

Exemple de chaîne trophique terrestre. Source : https://lewebpedagogique.com

 

Pour terminer le volet « espèce » de la biodiversité, nous pouvons aussi signaler que les espèces très dépendantes d’autres espèces sont aussi plus vulnérables que les autres car la disparition de l’une entraîne irrémédiablement la disparition de l’autre. Certaines orchidées par exemple dépendent d’une seule et unique espèce d’abeille sauvage pour la pollinisation et de certains champignons pour la germination des graines. Si l’une ou l’autre venait à disparaître, l’orchidée disparaîtrait aussi. Cela n’est pas qu’une théorie et il existe aujourd’hui des vestiges d’espèces vouées à l’extinction. Pour faire écho à ce qui était dit plus haut, certains arbres, notamment tropicaux, peuvent être considérés comme « éteints » même s’il reste encore quelques très vieux individus qui ne peuvent plus se reproduire car leur disperseur a disparu. En effet, ils ont évolué pour fabriquer de gros fruits dont les graines doivent absolument passer par le tube digestif d’un animal massif aujourd’hui disparu. Et bien ces arbres continuent leur croissance sans pour autant renouveler leur descendance. Ils sont donc vivants, mais l’espèce, elle, est déjà éteinte.

Une courte vidéo pour vous montrer des exemples d’espèces disparues récemment à cause de l’Homme.

 

Diversité des habitats

La diversité des milieux naturels diminue aussi à une vitesse vertigineuse. Il existe de moins en moins de zones humides et il n’existe quasiment plus de forêts « naturels » en Europe. En effet, l’idée générale que nous avons des forêts est un espace très naturel ou la vie prolifère, mais il n’en est rien ! La majorité des forêts sont entretenues pour produire du bois et ne sont en aucun cas un espace ou la nature s’exprime. Elles ressemblent plus à un champs cultivé qu’à un espace naturel finalement. Une forêt « naturelle » doit être désordonnées, avec tout un tas de bois morts, plusieurs strates de végétation, de très vieux arbres aux troncs gigantesques, et surtout beaucoup d’animaux, de bruits d’oiseaux et de traces de bestioles en tout genre. Vous conviendrez qu’il n’en est rien aujourd’hui, les forêts sont en fait des plantations d’arbres.

Le film français « LE TEMPS DES FORÊTS » actuellement au cinéma résume justement ce constat, voici une bande annonce.

 

Un autre paysage qui nous semble naturel mais qui ne l’est, pour le coup, vraiment pas, ce sont les zones agricoles. En France, nous sommes parmi les pays qui produisons le plus de denrées alimentaires et si vous regardez un peu le paysage en dehors des villes… On ne voit que des champs, des champs cultivés. Si vous prenez l’avion ou le train entre Lyon et Paris, vous ne verrez que des champs à perte de vue sur des centaines de kilomètres. L’agriculture n’a aujourd’hui absolument rien de naturelle, comme dit précédemment, les variétés plantées ont une diversité génétique quasiment inexistante, elles sont entretenues, les « mauvaises herbes » – qui sont en fait les espèces « naturelles » – sont éliminées à coup d’herbicides, les insectes – encore une fois des espèces naturelles – sont éliminés à coup d’insecticides, les sols sont gavés aux engrais si bien que plus rien n’arrive à pousser naturellement après quelques décennies… Inutile donc de préciser que le modèle agricole actuel est un désastre environnemental et participe directement à la disparition des habitats (pour les convertir en culture, au même titre que la déforestation pour cultiver de l’huile de palme), mais aussi la disparition des espèces qui n’ont plus d’espaces naturelles pour vivre et des individus qui meurent à cause de la pollution chimique.

Les aires vraiment naturelles restantes sont généralement de petites tailles et isolées, un peu partout sur le territoire, ne permettant pas la circulation des individus et ne pouvant pas supporter de grandes populations d’espèces.

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Vaste étendue naturelle, non entrenue, à la transition entre les Andes et la forêt amazonienne en Bolivie

 

Maintenant que nous avons vu les différents niveaux de la biodiversité, voyons plus en détails comment les changements globaux impactent chacun de ces niveaux. ALLER A LA PARTIE 2

Et si vous voulez voir à quoi ressemble les espèces menacées (et pas seulement l’ours blanc et le guépard…) c’est par ici :

http://www.thinkinghumanity.com/2018/07/photographer-spends-years-capturing-endangered-animals-the-extraordinary-photos-broke-our-hearts.html?m=1

Vous remarquerez qu’à ce moment, le dernier mâle Rhinocéros blanc était encore vivant.

 

Enjoy !

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Définition, menaces et protection de la Biodiversité- Partie 2 : LES CHANGEMENTS GLOBAUX ET LEURS IMPACTS SUR LA BIODIVERSITÉ

Ces derniers temps, nous entendons beaucoup parler du réchauffement/changement climatique et cela est en partie dû au fait que les prévisions scientifiques des dernières décennies sont en train de se réaliser, et d’une manière bien plus intense et grave que ce qui avait été imaginé. Malheureusement, ce n’est pas le seul problème auquel nous devons faire face, la pollution, la fragmentation des aires naturelles et l’effondrement global de la biodiversité représentent aussi des problèmes majeurs. Si les espèces disparaissent, on peut penser qu’il suffit de les protéger et que tout ira bien. Est-ce aussi simple que ça ?

Je vous propose ici un nouvel article de vulgarisation sur la biodiversité et sa protection articulé en 3 parties car l’ensemble était un peu long pour être publié en un coup. La première partie traite des problèmes liés à l’effondrement de la biodiversité à différents niveaux pour bien comprendre les liens entre la diversité génétique, des espèces et des paysages. La seconde partie fait un résumé sur les changements globaux actuels (changement climatique, pollution, fragmentation etc.) qui impactent la biodiversité à tous les niveaux. Enfin la troisième et dernière partie résume les solutions existantes basées sur les travaux de recherche pour protéger au mieux la biodiversité à tous les niveaux et en prenant en compte les changements globaux.

Lire la PARTIE 1 : COMPRENDRE LA BIODIVERSITÉ ET SON EFFONDREMENT

Lire la PARTIE 2 : LES CHANGEMENTS GLOBAUX ET LEURS IMPACTS SUR LA BIODIVERSITÉ

Lire la PARTIE 3 : COMMENT PROTÉGER AU MIEUX LA BIODIVERSITÉ ?



 

LES CHANGEMENTS GLOBAUX ET LEURS IMPACTS SUR LA BIODIVERSITÉ

 

Ce type de paysage est totalement imperméable à la vie sauvage. source : reporterre.net

 

La première partie dépeint la triste réalité actuelle de l’état de la biodiversité de manière générale et vulgarisée. Elle représente le contexte des études scientifiques des écologues et biologistes de la conservation. Vous trouvez ça triste ? Alors accrochez-vous car ce qui suit est encore plus désespérant.

Inutile de repréciser que les changements globaux et la perte de biodiversité sont expliqués à 99% par les activités humaines, le petit pourcentage restant représentant des variations naturelles des populations et du climat. Il n’y a donc plus aucun doute là-dessus et nous ne reviendrons pas sur ce constat. Nous allons plutôt nous demander comment ces changements globaux vont impacter la biodiversité dans le futur ? Nous aborderons rapidement les différentes pollutions déjà évoquées dans la partie précédente, la fragmentation des habitats et enfin le changement climatique.

Une nouvelle bactérie mangeuse de plastique, solution ...

La pollution au plastique pose des problèmes terribles pour les animaux marins qui meurent étouffés par une ingestion trop importante de plastique. On en retrouve régulièrement plusieurs dizaines de kilogrammes dans les estomac des cétacés retrouvés échoués sur des plages. Source : francetvinfo.fr

 

Les pollutions

Les pollutions proviennent de l’industrialisation, de l’agriculture, de nos modes de consommation et de notre société de manière générale. Nous ne reviendrons pas non plus sur le fait que le rejet de CO2 participe énormément au réchauffement climatique, nous sommes tous assez au courant de cette situation, et que le plastique qui se retrouve dans les océans (et jusque dans nos selles !!) tuent des individus. Nous allons nous attarder plus longtemps sur la pollution chimique due à l’agriculture.

Les intrants regroupent toutes les substances chimiques apportées aux cultures dans le but de favoriser la croissance des plantes cultivées (engrais) et d’empêcher les « mauvaises herbes » (herbicides), les parasites (insecticides) et les maladies (fongicides). Ces 2 dernières familles de substances chimiques sont regroupées sous le terme de « pesticide ».

Les pesticides et herbicides qui sont aspergés dans les grandes cultures ruissellent malheureusement jusque dans les cours d’eau où ils tuent les insectes et les plantes loin des cultures. Mais ce n’est pas tout. Certains ravageurs des cultures et autres « mauvaises herbes » commencent à acquérir des résistances aux diverses substances, il faut donc constamment augmenter les doses et changer les molécules ce qui augmente considérablement les effets néfastes sur le reste de la biosphère (du vivant). Ne parlons même pas des petits insectes et animaux qui vivent dans la terre, sous les cultures et dont le rôle naturelle est de transformer les déchets organiques en engrais (ex : les lombrics).

Le problème est qu’au bout d’un certain temps, même les plantes cultivées commencent à souffrir de toutes ces molécules et c’est en partie pourquoi les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) ont fait leur apparition : pour pouvoir augmenter au maximum les doses d’herbicides sans que les plantes cultivées n’en pâtissent. Vous comprenez bien ici que c’est une fausse solution (tout comme l’importation d’huile de palme pour fabriquer du « bio » carburant, ah !). La seule solution viable est l’arrêt définitif des intrants pour que les mécanismes naturels puissent fonctionner de nouveau.

Les engrais apportent aussi leur lot de problèmes et étant donné la disparition des organismes dont le rôle « naturel », ou la fonction, est de dégrader la matière organique pour la transformer en engrais, les cycles naturels des nutriments sont rompus et les doses d’engrais chimiques ajoutés sont toujours plus importantes. Du coup, à trop vouloir ajouter des engrais pour favoriser la croissance des plantes cultivées, les écosystèmes perdent leurs fonctions naturelles de recyclage des déchets organiques et donc, il faut ajouter encore plus d’engrais pour palier à ce manque.

Les plantes utilisent le soleil et le CO2 pour fabriquer leur énergie mais elles ont aussi besoin de « nourriture » (les nutriments) afin de croître, et cette nourriture se trouve dans la terre. Les espèces naturellement présentes n’arrivent plus à se développer à proximité des milieux agricoles bourrés d’engrais car ces conditions favorisent la colonisation de quelques espèces nitrophiles (qui aiment les milieux riches) au détriment des autres. Les prairies « naturelles » (si tenté qu’elles existent encore) sont généralement très pauvres en nutriment. Vu que les ressources sont limitées, aucune espèce n’est assez compétitive pour entièrement coloniser le milieu et il y a donc de la place pour la coexistence d’une multitude d’espèces.

Une prairie est pauvre en nutriment, ce qui favorise la cohabitation de nombreuses espèces. Source : InfoFlora

 

Enfin, les engrais ruissellent jusque dans les lacs et les rivières et un phénomène bien connu s’en suit : l’eutrophisation. Cela signifie qu’il y a tellement de nutriments dans ces milieux que l’équilibre chimique globale change, les algues se développent de manière incontrôlée étouffant les autres organismes, la disponibilité en oxygène chute et la vie dans le point d’eau finit par mourir. Il faut donc à tous prix s’opposer aux produits provenant de l’agriculture industrielle et se rabattre vers des méthodes plus respectueuses de l’environnement !

Vous étiez peut être au courant de ces problématiques mais avez-vous entendu parlé de la pollution sonore et lumineuse ? Ces autres types de pollution posent aussi des problèmes pour les animaux nocturnes. Les chauve-souris par exemple ne peuvent pas circuler à travers les villes à cause de la quantité de lumière produite et bon nombre d’animaux ne s’aventurent pas proche des villes à cause du bruit qu’elles engendrent.

Schéma résumant l’eutrophisation des milieux aquatiques. Source : aquagreen-tech.com

 

La fragmentation

La fragmentation des habitats est un autre problème qui n’est pas prêt de disparaître. Cela représente l’isolation des habitats naturels et leur remplacement par des voies de communication, des cultures, des villages etc. Si les habitats sont isolés, les espèces ne peuvent plus circuler d’un habitat à l’autre et donc ne peuvent plus se reproduire avec des individus génétiquement différents. Nous avons vu dans la première partie que la perte de diversité génétique était une des principales et des plus graves conséquences de la perte de biodiversité. Elle est en partie expliquée par la fragmentation.

Pour bien comprendre la fragmentation, il faut comprendre la notion de « barrière écologique ». Une chaîne de montagne représente une barrière écologique pour beaucoup d’espèces qui ne peuvent pas passer d’un côté à l’autre. Mais aujourd’hui, les voies de communications comme les routes, les autoroutes, les voies de chemins de fer et même nos zones agricoles peuvent être des barrières écologiques pour certains animaux. Quelques exemples : les clôtures/grillages en zones agricoles représentent des barrières infranchissables pour les cerfs, de même que la pollution agricole, les trottoirs et les routes le sont pour les hérissons,  n’importe quelle zone un peu sèche peu l’être pour un amphibien etc.

Lorsqu’une route passe au milieu d’une forêt, cela fragmente le milieu « naturel » (difficile de ne plus mettre des guillemets) et réduit la part du milieu utilisée par les animaux. Pourquoi ? A cause notamment de l’effet de lisière et du bruit. L’effet lisière représente la transition progressive entre deux milieux. Cela signifie que la part de forêt à proximité d’éléments non naturels (route, cultures, village etc.) n’est pas aussi habitable par les espèces que les zones au cœur de la forêt, loin de notre société. Il faut donc laisser de la place aux zones naturelles et les connecter entre-elle pour éviter la chute de la diversité génétique.

Schéma illustrant la disparition des espèces qui vivent au cœur des habitats naturels à cause de la fragmentation de cet habitat. Source : rapport sur les continuités écologiques de l’Isère.

 

Le changement climatique

Je ne vais pas m’attarder très longtemps sur le changement climatique car vous trouverez d’autres articles sur le site traitant du sujet (voir en bas de page). Néanmoins, rappelez-vous que cette année 2018 marque encore pas mal de records, notamment en Europe et en France : les canicules de cet été ont été parmi les chaudes jamais enregistrées, 50 départements étaient encore en alerte hydrique fin octobre, les rivières sont sèches (même le Danube s’assèche !), les lacs sont à un niveau incroyablement bas car peu alimentés par les rivières, il n’a quasiment pas plu dans certaines zones depuis le début de l’été et enfin, nous observons des cyclones se former dans la méditerranée, poétiquement appelés « medicane » (méditerranée + hurricane).

Ces phénomènes sont de plus en plus courants ces 10 dernières années et nous nous sommes déjà presque habitué à régulièrement exploser tous les records de températures et de sécheresse. Le futur s’annonce sombre car le changement climatique entraîne une augmentation très significative des événements catastrophiques tel que les inondations (aussi causées par la perte d’habitat naturel et notamment des forêts normalement capables d’absorber l’eau), les tempêtes, les sécheresses et les canicules.

Inutile de préciser que toutes les espèces non acclimatées à ces nouvelles conditions vont irrémédiablement disparaître. Les animaux qui sont capables de bouger pour trouver des conditions plus clémentes ne pourront le faire que si le milieux n’est pas trop fragmenté et permet donc la connexion entre les habitats naturels.

Pour aller plus loin sur les derniers résultats concernant les impacts du changement climatique et surtout notre capacité à agir ou non, je vous conseille vivement de jeter un coup d’œil au dernier rapport du GIEC sorti il y a quelques semaines et qui dresse un tableau pour le moins alarmant de la situation.

Article de vulgarisation et résumé du rapport du GIEC : http://www.climat.be/fr-be/changements-climatiques/les-rapports-du-giec/2018-rapport-special

Rapport du GIEC à destination des décideurs politiques (résumé et vulgarisé) : https://www.climat.be/files/4115/3900/0027/181008_IPCC_sr15_spm.pdf

 

Capture

Risques liés au changement climatique selon le dernier rapport du GIEC

 

Cet article est maintenant terminé et je vous invite à aller lire la troisième et dernière partie de cet ensemble d’article qui vise plus concrètement les méthodes de protection de l’environnement.

 

Voici quelques liens pour aller plus loin :

Le résumé de la 6e plenary de l’IPBES qui a eu lieu en Mars dernier concernant la chute de la biodiversité et les services écosystémiques : https://www.ipbes.net/system/tdf/ipbes-6-15-add.5_spm_ldr_french.pdf?file=1&type=node&id=28888

D’autres article du site sur la biodiversité et le changement climatique :

Un rapide topo des preuves et conséquences du changement climatique 

L’Agriculture, bilan actuel et perspectives

Changement climatique, retour sur l’année 2016

La biodiversité va mal, en quoi cela nous concerne ?

 

Enjoy !

Définition, menaces et protection de la Biodiversité- Partie 3 : COMMENT PROTÉGER AU MIEUX LA BIODIVERSITÉ ?

Ces derniers temps, nous entendons beaucoup parler du réchauffement/changement climatique et cela est en partie dû au fait que les prévisions scientifiques des dernières décennies sont en train de se réaliser, et d’une manière bien plus intense et grave que ce qui avait été imaginé. Malheureusement, ce n’est pas le seul problème auquel nous devons faire face, la pollution, la fragmentation des aires naturelles et l’effondrement global de la biodiversité représentent aussi des problèmes majeurs. Si les espèces disparaissent, on peut penser qu’il suffit de les protéger et que tout ira bien. Est-ce aussi simple que ça ?

Je vous propose ici un nouvel article de vulgarisation sur la biodiversité et sa protection articulé en 3 parties car l’ensemble était un peu long pour être publié en un coup. La première partie traite des problèmes liés à l’effondrement de la biodiversité à différents niveaux pour bien comprendre les liens entre la diversité génétique, des espèces et des paysages. La seconde partie fait un résumé sur les changements globaux actuels (changement climatique, pollution, fragmentation etc.) qui impactent la biodiversité à tous les niveaux. Enfin la troisième et dernière partie résume les solutions existantes basées sur les travaux de recherche pour protéger au mieux la biodiversité à tous les niveaux et en prenant en compte les changements globaux.

Lire la PARTIE 1 : COMPRENDRE LA BIODIVERSITÉ ET SON EFFONDREMENT

Lire la PARTIE 2 : LES CHANGEMENTS GLOBAUX ET LEURS IMPACTS SUR LA BIODIVERSITÉ

Lire la PARTIE 3 : COMMENT PROTÉGER AU MIEUX LA BIODIVERSITÉ ?



 

COMMENT PROTÉGER AU MIEUX LA BIODIVERSITÉ ?

 

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Les réserves naturelles sont très importantes pour la biodiversité

 

Un peu de contexte

Nous l’avons vu dans les parties précédentes, la biodiversité est impactée à tous les niveaux par les changements globaux et l’avenir ne présage rien de bon. Le réchauffement climatique va de toutes manières continuer pendant plusieurs décennies voire plusieurs siècles, les aires urbanisées et agricoles vont continuer à grappiller des habitats naturels et les espèces vont continuer à s’éteindre.

Beaucoup de problèmes donc… Et pas seulement à cause du climat. Nous voyons bien que c’est l’organisation entière de nos modes de vie qui se doit d’évoluer. Nous devons accepter de moins consommer, ne pas avoir accès à autant de produits et de confort qu’aujourd’hui et de revoir à la baisse notre niveau global de vie. Le citoyen lambda s’habituerait assez facilement à ce nouveau mode de vie, néanmoins, pour le moment, le principal blocage vient d’en haut, des politiques environnementales catastrophiques pour le climat et la biodiversité, du green washing de notre président « Champion de la terre », des lobbys des grandes entreprises plus attachés aux bénéfices rapides qu’à ceux sur le long terme et des politiciens qui … s’en foutent un peu ou qui ont les mains liées (malheureusement d’actualité avec la démission de Nicolas Hulot).

Bref nous n’allons pas parler politique mais plutôt identifier scientifiquement quelles sont les meilleures solutions pour protéger efficacement la biodiversité et vous verrez qu’il en existe un paquet ! En effet, les scientifiques étudient ces questions depuis des décennies et commencent à avoir une idée claire des problèmes et des solutions.

Posons un postulat de base : il n’est pas possible de protéger TOUS les habitats naturels restants, aussi malheureux que cela puisse paraître. Cela est en partie dû aux ressources financières insuffisantes mais aussi au fait que nous devons exploiter les milieux pour notre propre développement. Une idée assez intéressante et loufoque publiée par E.O. Wilson en 2016 propose de protéger la moitié de la planète et de déplacer l’humanité sur l’autre moitié. En dehors de l’impossibilité concrète de déplacer des milliards de personnes et d’effacer la totalité de nos impacts sur un continent entier (pollution, déchets nucléaires, barrages etc.), nous pouvons nous demander quelles sont les limites de cette approche afin d’identifier les problématiques de la conservation de la biodiversité.

Tout d’abord, protéger la moitié de la planète revient à protéger la moitié de la biodiversité et donc d’admettre immédiatement que l’autre moitié va disparaître. Ensuite, cette idée permettrait surtout à l’Homme de pouvoir continuer à détruire « sa » moitié de la terre et de bénéficier des avantages d’avoir un continent sauvage pour le piégeage du carbone, la régulation du climat etc. Pas certain que cela fonctionne sur le long terme !

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En France, les Alpes et les Pyrénées représentent les derniers espaces encore naturels où les espèces peuvent se développer normalement

 

En théorie

Pour protéger au mieux la biodiversité, il y a plusieurs paramètres à prendre en compte, comme expliqué dans les parties précédentes :

  •  Protéger un maximum de milieux différents pour offrir une palette diverse et variée d’habitats importants aux espèces
  • Avoir des surfaces suffisamment grandes pour permettre aux populations de se développer sur le long terme
  • Avoir aussi de petites surfaces éparpillées un peu partout pour permettre la circulation des individus

Revenons rapidement sur ces points.

Nous avons vu que la baisse d’un des niveaux de biodiversité entraîne la baisse de tous les autres car ils sont tous interconnectés. Mais la bonne nouvelle, c’est que l’inverse est aussi vrai, et offrir de nombreux habitats naturels variés augmente la diversité à l’échelle de l’écosystème, entraînant l’implantation de nombreuses espèces, donc potentiellement de nombreux individus et d’un brassage génétique plus important.  Coupler la protection de nombreux habitats différents (zones humides, forêts de conifères et de feuillus, prairies etc.) à la protection de grands espaces (de type parcs/réserves naturel(le)s) permet à de nombreuses espèces de se développer et d’avoir la place pour se reproduire.

En effet, les espèces animales (c’est un peu différent pour les végétaux) ont besoin d’un certain espace de vie pour : 1) avoir suffisamment de ressources pour se nourrir et 2) pouvoir se reproduire sans « voler » les ressources de ses semblables. Par exemple, une population d’escargot devrait pouvoir survivre dans 1 hectare de prairies naturelles, en revanche, une population de loup a besoin de centaines voire de milliers d’hectares pour leur survie. En gros, plus un animal est gros et en haut de la chaîne alimentaire, plus il va avoir besoin d’espace.

Enfin, la création de liens entre ces zones naturelles de grande taille est impératif pour permettre la circulation des individus, donc le renouvellement génétique de la population et ainsi éviter l’histoire de l’aquarium et de la consanguinité expliquée en première partie. Ces liens peuvent être sous forme de corridors de différentes tailles (grandes allées) ou bien sous forme de petits patchs naturels (appelés « stepping stones » ou « pas japonais » en français). Ces « pas japonais » représentent des aires de repos et de nourrissage pour les individus en chemin vers d’autres milieux naturels de grande taille où ils pourront se reproduire.

Les « hubs » représentent les grandes réserves et le reste des connexions. Source : https://www.surrey.ca

 

Et concrètement ?

Maintenant que nous avons compris l’idée générale, comment choisir concrètement les zones à protéger, et plus globalement, tout le réseau naturel à protéger ? La méthode la plus simple est de protéger les « hotspots de biodiversité ». Selon la définition de Myers et de ses collègues, les hotspots représentent des zones où : 1) beaucoup d’espèces végétales poussent, 2) beaucoup d’espèces sont endémiques, c’est à dire qu’on ne les retrouve QUE dans ladite zone et nulle part ailleurs et 3) que les habitats soient très menacés et détruits par les activités humaines à au moins 70% de leur surface initiale. L’idée derrière ces critères est de protéger en priorité les zones riches en espèces, avec des espèces rares et surtout en voie de disparition. Ils ont alors identifié plusieurs zones dans le monde dont les Andes en Amérique du Sud où je suis allé étudier divers milieux naturels et, tenez-vous bien, les habitats méditerranéens, cocorico !

Les hotspots de biodiversité dans le monde selon Myers et al., 2000

 

Protéger les zones avec le plus d’espèces est bien, mais malheureusement, cela ne prend pas en compte toutes les espèces, loin de là. Il existe des plantes et des animaux très spécialisés et dépendants d’un habitat particulier ou peu d’autres espèces sont capables de survivre (falaise, désert, haute montagne etc.). Ces habitats hébergent donc peu d’espèces, mais des espèces que l’on ne trouve pas ailleurs. Selon la définition des hotspots, ces zones ne sont pas prises en compte et donc, pas protégées. De même, les habitats très riches mais « pas encore » détruits à plus de 70% ne sont pas pris en compte, ce qui est dommage car ce sont des zones encore très naturelles.

Il faudrait donc pouvoir considérer à la fois les zones très riches et très menacées en priorité, mais aussi un peu toutes les autres zones du monde pour permettre le déplacement des animaux d’une zone à une autre grâce à la conservation de petits patchs naturels. Oui mais… Avons-nous réellement la place de re-naturaliser énormément d’espaces sans nous-même mourir de faim ? En effet, le plus gros impact de l’homme sur la planète en terme d’utilisation du sol concerne l’agriculture. Et nous l’avons vu, cette agriculture est loin d’être parfaite, au contraire ! Pour répondre immédiatement à la question, nous ne mourrions pas de faim car la grande majorité des cultures (3/4) est à destination des animaux destinés à la consommation… Manger moins de viande nous permettrait de manger tous un peu plus, finalement.

 

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Utilisation globale du sol à la surface de la planète. source : https://ourworldindata.org

Sur l’image ci-dessus, nous voyons que les 3/4 des terres habitables sont consacrées à l’agriculture et donc changer le système agricole c’est changer les 3/4 de notre impact sur la surface de la planète, ce n’est pas rien ! Et pour la biodiversité, c’est beaucoup. Attention, nous parlons bien de la couverture du sol et non de l’impact global de nos sociétés. Les villes qui couvrent, d’après l’image ci-dessus, 1% de la surface totale sont tout autant responsables. Nous n’allons pas parler plus longtemps des systèmes agricoles alternatifs qui existent, je le développerai peut être dans un prochain article, mais citons rapidement quelques idées principales afin de réduire l’impact de l’agriculture sur la biodiversité.

Il faut tout d’abord arrêter la monoculture et cultiver plusieurs espèces en même temps qui vont alors s’entre-aider pour leur croissance. Il faut ensuite arrêter les intrants et laisser les cycles naturels faire leur travail. Il faut créer des parcelles plus petites, moins mécanisées, entourées d’espaces naturels afin de laisser les populations de ravageurs être régulées par leurs prédateurs. Il faut arrêter de cultiver des « clones », laisser la variabilité génétique s’exprimer pour protéger les plantes contre les maladies. Enfin – mais c’est encore un autre débat – il faut une politique agricole qui finance mieux les paysans et arrête de ne penser qu’en terme de production. Du côté du consommateur, il faut accepter de ne pas pouvoir manger des fruits tropicaux en hiver, relocaliser la production de fruits et légumes et consommer la production locale de saison.

 

En conclusion

Concrètement, il faut protéger localement la biodiversité mais avec une vision globale. J’aime beaucoup l’idée qu’il faille réduire notre impact sur la nature partout, mais aussi de l’intégrer partout dans nos sociétés : planter des arbres en ville, laisser les prairies se développer au pied des arbres ou sur les trottoirs, créer beaucoup de petits parcs naturels – plus naturels que les parcs actuels des villes -, laisser plein de petits îlots sauvages entre les champs cultivés, entre les immeubles etc. L’idée principale est de réduire la différence drastique entre le « naturel » et le « non naturel » afin d’avoir du « naturel » et du « moins naturel » partout. Il doit exister des sanctuaires de biodiversité (grands espaces protégés) pour permettre aux organismes qui ont besoin de beaucoup d’espaces de survivre, mais aussi énormément de petites et moyennes zones naturelles autours de toutes les villes, dans tous les types d’habitats.

A travers ces longs (très longs) articles, vous pouvez avoir une idée générale des problématiques que l’on rencontre en biologie de la conservation et en écologie. L’effondrement de la biodiversité nous impacte tous et à diverses échelles comme je l’avais déjà présenté dans cet article. Vous voyez ici que les solutions existent, et nous savons qu’elles fonctionnent, mais leur mise en oeuvre nécessite un changement drastique de cap et de priorités politiques. Ce changement doit s’effectuer rapidement et les nombreux appels récents en faveur de la biodiversité prouve bien l’urgence dans laquelle nous nous trouvons.

Les effets du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité ne se font ressentir qu’après le dépassement d’un certain seuil car le système global est très résilient (difficile à changer). Néanmoins, lorsque ces seuils sont dépassés, il est très difficile (voire impossible) de revenir en arrière, même après plusieurs siècles. Par exemple, même si nous arrêtions totalement de rejeter du CO2, le climat continuerait de se réchauffer pendant encore plusieurs décennies et les espèces aujourd’hui disparues ne reviendront jamais.

N’hésitez pas à consulter les différentes ressources de chaque partie pour aller plus loin dans la réflexion ! Cette série d’articles est la plus longue jamais écrite et j’espère que vous serez indulgents sur la tournure de certaines phrases et sur les potentielles fautes d’orthographe. Encore une fois, ces articles dépeignent une vision vulgarisée des problématiques environnementales, la réalité des interactions écologiques est bien plus complexe qu’elle n’y paraît, mais les grandes idées présentées sont véridiques.

Une petite vidéo pour terminer sur mon projet de thèse : l’infrastructure écologique (green infrastructure en anglais)

 

 

Pour aller plus loin sur ces thématiques :

L’agriculture, bilan actuel et perspectives

Une énorme source de données sur l’agriculture au niveau mondial : https://ourworldindata.org/yields-and-land-use-in-agriculture

L’excellentissime vidéo d’Aurélien Barrau sur la nécessité de changement de société et sur la destruction de la biodiversité

 

De manière plus vulgarisée, la dernière vidéo en date de Balade Mentale sur Youtube est aussi une jolie pépite qui fait réfléchir

 

 

Enfin le site Internet ilestencoretemps qui regroupe les potentielles actions que nous pouvons tous faire pour contribuer à la sauvegarde de la biodiversité :

https://ilestencoretemps.fr

 

 

Enjoy !

Portraits de Sarracenia – partie 2

Bonjour à toutes et à tous,

Voici une rapide série de photos prises début Septembre, concernant maintenant des hybrides et quelques croisements personnels ! J’espère pouvoir refaire une dernière grosse série de photos pour alimenter le site jusqu’à Décembre mais rien n’est moins sûr…

H47 – Sarracenia x catesbaei



H54 – Sarracenia [(purpurea x leucophylla) x purpurea ssp venosa] X “Adrian Slack”


H66 – Sarracenia (x willisii) x minor var okenefokeensis



HNI12


Sarracenia « Adye




Sarracenia « Amphibien »


Sarracenia « Angine »

Une courte sélection d’un hybride perso HP2013A – Sarracenia « Amphibien » x « Eva »
Clone 1 – sélectionné – Il est pas très beau mais je trouve que sa malformation fait son charme ! Son péristome est toujours un peu tordu comme ça…



Clone 2 – sélectionné – Le clone le plus coloré et vigoureux de la portée, il est très productif, s’est déjà divisé plusieurs fois et fleurit depuis 2 ans



Clone 3 – sélectionné – Il est lent à la croissance mais je ne l’avais pas sélectionné à la base et laissé dans un petit pot sans trop m’en occuper. Finalement, je trouve son aspect général vraiment craquant !




Autres clones non sélectionnés (vendus désormais)




Enjoy !

Portraits de Sarracenia – partie 1

Bonjour à toutes et tous,

Début Septembre, j’ai pris plusieurs photos de mes pieds mères sur fond noir que je vais vous présenter maintenant. Plusieurs spécimens sont âgés d’une dizaine d’années et malgré les divisions régulières par soucis de place, elles arrivent à atteindre une taille plus que respectable !

Pour cette première partie, je vous propose toutes les espèces photographiées, je ferai un article supplémentaire pour les hybrides.

C03 – Sarracenia flava var. ornata — haevy veined Potterton and Martin J.Welham X flava var. rubricorpora — giant red tube,Apalachicola,W (f20 MK)- un hybride en provenance de chez Cédric Azais qui a bien poussé ces derniers temps et qui est plutôt en forme pour une flava !




F05 – Sarracenia flava var flava – très en forme aussi, ce spécimen n’a quasiment aucune traces de rouge sur tout le piège



F07 – Sarracenia flava var flava “tall” OP ou x flava cuprea. Un croisement entre flava qui produit des pièges assez impressionnants



FO05 – Sarracenia flava var ornata – Dinwiddie WA – un flava ornata classique à vendre !


FO10 – Sarracenia flava var ornata – avec probablement une introgression d’autres espèces. Il fait en tous cas des pièges plutôt balèzes


FR01 – Sarracenia flava var rugelii – Une de mes toutes premières plantes carnivores, ce clone doit avoir plus de 15 ans maintenant et provient d’un ancien petit producteur aujourd’hui fermé

FV01 – Sarracenia flava f viridescens – Telogia – Elle tire bien sur le jaune en fin de saison !

M02 – Sarracenia minor var okefenokeensis


PV03 – Sarracenia purpurea ssp venosa « Melissa Mazur » – Je pense que celui là va clairement devenir un de mes préférés !


RJ01 – Sarracenia rubra subsp jonesii – North Carolina – L’automne c’est aussi la saison des rubra, on a tendance à trop l’oublier…


 

Enjoy !

Les plantes carnivores en Septembre 2018

Bonjour tout le monde,

La fin de l’été n’est pas toujours synonyme de tristesse et de dépérissement des plantes et des fleurs, chez certaines plantes carnivores, c’est tout l’inverse ! Je vous présente ici quelques espèces, principalement des Sarracenia, au top de leur forme. La suite avec une série de portraits sur fond noir.

Au passage, je serai présent à la journée des plantes du lac d’Aiguebelette les 13 et 14 Octobre prochain pour vendre quelques spécimens de ma collection, dont de nombreux pieds mère, n’hésitez pas à passer faire un coucou si vous êtes du coin !

Cephalotus follicularis

Dionaea muscipula – clone vert issu de semi perso

Dionaea muscipula « cross teeth »

Dionaea muscipula – semi perso de Dentate traps


Dionaea muscipula « Dentate traps »

Dionaea muscipula « Giant clams »

Dionaea msucipula « red sawtooth »

Dionaea muscipula « Dentate X11 » ?

Sarracenia x harperi (pas de code pour le moment)

FO07 – Sarracenia flava var ornata – F88mk

L06 – Sarracenia leucophylla – Alabama – à vendre !

M02 – Sarracenia minor var okefenokeensis

RW02 – Sarracenia rubra subsp. wherryi – wavy lid – Escambia Co. Florida

H12F – Sarracenia x moorei « S Nursery »

H16 – Sarracenia (x moorei) x (x excellens)

H31 – Sarracenia alata var rubrioperculata x rubra – à vendre !

H45 – Sarracenia « hummer hammerhead »

H52 – Sarracenia x aerolata – colorful, snowhite flower (Hans Luhrs), Roger van Loenen SH07, Cédric SX83

H53 – Sarracenia alata black tubes OP – à vendre !

H63 – Sarracenia « Pink Thing »

H65 – Sarracenia x aerolata « Nightfall »

H68 – Sarracenia « Orange fire »

H69 – Sarracenia leucophylla x « Adrian Slack »

H70 – Sarracenia « Sorrow » x flava var rubricorpora

Enjoy !

Rapide série de photos des plantes carnivores en Août 2018

Bonjour à toutes et à tous,

Je vous présente une rapide série de photos prises durant le mois d’Août. En ce moment les plantes sont moyennement présentables à cause de la pause estivale de croissance, mais je compte bien vous publier de superbes clichés des pièges d’automne, notamment pour les Sarracenia leucophylla !

Cephalotus follicularis




Dionaea muscipula « green sawtooth » et « red sawtooth »



Dionaea muscipula « X11 »

L18 – Sarracenia leucophylla var alba

M02 – Sarracenia minor var okefenokeensis

H31 – Sarracenia alata var rubrioperculata x rubra

H49 – Sarracenia « Bella »

H54 – Hybride complexe à base d’Adrian Slack

H69 – Sarracenia leucophylla x « Adrian Slack »

H71 – Sarracenia « Adrian Slack »

Un hybride personnel que j’aime bien, (x moorei) x (x mitcheliana)

La collection début Août 2018

Enjoy !