Archives pour la catégorie Nouveautés

Hybrides au printemps 2019

Voici quelques hybrides issus de semis et de croisements personnels ou non. La plupart ont été semé en 2015 et commencent donc à montrer leur plein potentiel…. Les photos étant un peu vieilles, certaines plantes ne sont pas encore bien colorées.

HNP2015B – leucophylla « giant » x flava « maxima ». Un futur géant ! Plusieurs plantes de ce type seront disponibles à la vente sous peu
HNP2018B – Un flava var maxima (semble-t-il) particulièrement élégant qui ne provient pas de mes propres semis mais de ceux d’un ami. Cette plante est tout simplement mon coup de coeur du moment et petit bonus, le nectar sent le vin blanc…..

Quelques hybrides personnels aléatoires, photos d’Avril à Mai.

HP2015#3 – « Bella » x « rubis rare ». Un hybride semé en 2015 lance deux fleurs en 2019, bon record !
HP2015#4 – HNI12 x L05 – leucophylla « green giant »
HP2015#5 – HNI12 x « Adye » – Un hybride aux veines inversées et à la fleur particulière 🙂
HP2015#5
HP2015#5
HP2015#3 – « Bella » x « Rubis rare »
HP2015#6 – HNI12 x flava « Claret »

Enfin, deux hybrides frères très similaires avec un gros potentiel ! HP2015#5 HNI12 x « Adye »

Enjoy !

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In situ à l’Allondon en Suisse

Bonjour, voici un court article de photos en vrac d’une sortie scientifique avec des étudiants de l’université de Genève. La sortie datant de début Mai (lorsqu’il faisait encore plutôt froid), beaucoup d’espèces d’orchidées n’étaient pas encore en fleur, je pense notamment aux Ophrys que nous avons cherché toute la journée sans succès… Bientôt quelques articles de rencontres avec des carnivores in situ !

dianthus sp
Anacamptis morio, forme albinos
Libelloides coccajus
Neotina ustulata
Anacamptis morio forme hypochrome
Orchis simia
Orchis militaris

Enjoy !

Les Sarracenia au printemps 2019

Mieux vaut tard que jamais comme on dit ! Voici le second article photo de l’année qui compile des photos du mois d’Avril et de Mai. Cette année les Sarracenia sont moins impressionnantes que l’an passé, notamment à cause de la météo peu favorable mais aussi à cause du fait que j’ai rempoté quasiment l’entièreté de ma collection au printemps, ce qui perturbe le bon développement des pièges.

A12 – alata var nigropurpurea « black tubes giant »
« Adye »
« Amphibien »
« Angine »

Un croisement de flava vraiment impressionnant cette année !

C03 SFO24 (flava var. ornata — haevy veined Potterton and Martin J.Welham) x SFRB02 (flava var. rubricorpora — giant red tube, Apalachicola,W (f20 MK) – Cédric Azais, flava  seedling

Sarracenia « Dantadelle » qui n’a pas fait de pièges aux allures extravagantes ou difformes cette année, une grande première !

« Dantadelle »
F08 Sarracenia « goldie »
FO07 – flava var ornata – Solid red throat F88MK

Un flava var rugelii issu de semis spontané chez un ami, il présente une très fine ligne rouge dans la gorge mais la tâche caractéristique n’est en fait présente que sur les côtés de la gorge, presque invisible vue de face

FR06 – flava var rugelii
H03B – x mitcheliana anthocyanine free
H12C – x moorei « Ju! »
H57 – leucophylla x oreophila – shy-056a sarracenia.fr
H65 – x aerolata « nightfall »
H73 – « Leviathan »
H74 – « Lilianna » qui a légèrement foiré son piège
H80 – « potty mouth »
L14 – leucophylla « Cz Giant »
L16 – leucophylla « red stripe »
L21 – leucophylla « heterophylla » x L57MK
L23 – leucophylla – Russel road x L09MK – LL51 Frangelo
« Mojito »

C’est tout pour cette fois, enjoy !

Drosera, Dionées, Pinguicula au printemps 2019

Bonjour à toutes et tous, après de long mois d’attente et une météo pas très clémente, je commence enfin les articles photos, il était temps ! Cette année les plantes sont légèrement en retard par rapport à l’année dernière, ce qui est étrange car elles avaient environ 3 semaines d’avance en Mars…

Vous remarquerez que l’organisation générale des articles photos a légèrement changé, cela est notamment dû à une mise à jour de WordPress

Dionaea muscipula « Akai Ryu »

Différence entre Aldrovanda vesiculosa (à gauche) et Utricularia australis (à droite)

Utricularia australis

Quelques captures

Dionaea muscipula « Crested petiol »
Différence entre binata var multifida normal (à gauche) et clone nain (à droite)

Dionée Dentate traps et des semis de Dentate traps

Dionaea muscipula « Dracula »
Drosera binata var multifida
Drosera capensis « red »
Drosera intermedia anthocyanine free
Drosera intermedia
Drosera rotundifolia en tourbière extérieure
Drosera x hybrida en tourbière extérieure
Drosera x obovata « giant » mais toujours petit…
Drosophyllum lusitanicum
Dionaea muscipula « funnel trap »
Dionaea muscipula « red piranah »
Dionaea muscipula « giant clams »
Pinguicula vulgaris f bicolor en tourbière extérieure

très vite, de nombreux autres articles photos et notamment une rétrospectives sur la mare et la rocaille !

Enjoy !

PhagoPhytos fête ses 5 ans !

Et oui, le site Phagophytos a déjà 5 ans, et il s’est passé beaucoup de choses depuis le début de l’aventure ! Je vous propose ici de revoir rapidement les événements marquants de ces 5 dernières années ainsi que les articles les plus vus par les internautes.

Un peu de statistiques…

Depuis sa création, phagophytos c’est :

  • 25’650 visites sur les pages du site soit environ 20-30 visites par jour
  • 13’417 personnes différentes qui ont consulté au moins un article
  • 159 articles publiés

Les articles les plus visités sont :

Les internautes sont en majorité français, mais d’autres nations visitent aussi régulièrement le site internet : Etats-Unis, Belgique, Suisse, Canada, Royaume-Unis, Italie, Bolivie, Allemagne etc.

Les projets PhagoPhytos

Il y a 5 ans, je commençais la construction de la mare ainsi que de la rocaille dans le jardin familial. Aujourd’hui ces deux projets se portent très bien et semblent avoir trouvé un bon équilibre, je ferai un article dans l’année pour vous les présenter. J’aimerais d’ailleurs beaucoup faire une liste complète de toutes les espèces végétales qui ont colonisé la mare, c’est assez incroyable de voir combien de plantes sont arrivées toutes seules jusqu’à ce petit bassin au milieu de la ville.

Il y a 3 ans, j’ai créé un massif fleuri à l’automne, qui continue de refleurir sans y apporter de l’entretien !

Cette année, nous avons complètement repensé les carrés potager pour faire quelque de plus naturel, et de plus proche du jardinage de type « permaculture » avec des zones sauvages, du paillage etc. De plus, un massif plus ombragé a été créé ainsi qu’un autre plus ensoleillé dont le but est d’avoir des plantes fleuries toute l’année. Photos à venir…

Et chez les plantes carnivores ?

Chez les plantes carnivores, il s’en est aussi passé des choses… Il y a 5 ans, je reprenais difficilement le contrôle de ma collection que j’avais un peu laissé à l’abandon, à cause de mes études. Ce n’est pas chose facile je vous l’assure ! Néanmoins, j’ai refait mes deux tourbières extérieures pour leur donner un style un peu moins bordélique, je suis très content du résultat et vous le montrerai un de ces 4

Sinon, 4 cultivars issus de ma collection ont été officialisés en Septembre 2015 : Sarracenia « amphibien », Sarracenia « Rubis rare », Sarracenia « Elvis Presley » et Sarracenia « Dantadelle ». Je vous mets le lien de l’article ici, les images sont mortes mais les liens vers les descriptions fonctionnent encore :
https://phagophytos.com/2015/09/18/4-hybrides-phagophytos-officialises/

Récemment avec d’autres passionnés, nous avons mis en place l’OPCF : un observatoire des plantes carnivores poussant en France et dans les pays limitrophes. L’idée est d’envoyer ses observations de plantes carnivores dans la nature afin de suivre les populations et de combler le manque d’informations de certaines espèces sur leur répartition à l’échelle nationale. Ce fut un travail de long haleine mais qui roule maintenant tout seul ! Si cela vous intéresse, rdv ici :
https://phagophytos.com/2018/04/27/observatoire-des-plantes-carnivores-francaises-opcf/

Enfin, encore plus récemment, avec un autre groupe de passionnés, nous avons repris et donner un nouveau souffle à l’antenne Auvergne-Rhône-Alpes de l’association Dionée, première association francophone d’amateurs de plantes carnivores. Nous avons appelé cette nouvelle antenne Dionée AuRA et nous faisons plusieurs actions dans l’année : expositions, visites in-situ, échanges etc. Pour nous suivre sur facebook, c’est ici :
https://www.facebook.com/dioneeaura/

Pinguicula alpina observé in situ en Valais suisse

Quid du futur ?

Comme vous l’avez peut-être remarqué, j’ai bien moins de temps qu’avant pour faire des articles photos sur le site. Cela est dû entre-autre à ma thèse de doctorat qui me prend énormément de temps, ainsi que toutes les autres activités associatives et l’entretien de ma collection et du jardin familial. Néanmoins, je vais continuer à vous envoyer des photos, moins régulièrement mais avec des choses plus intéressantes à vous présenter…

De plus, j’essaie de développer au maximum les articles de réflexion sur des sujets scientifiques touchant à l’écologie, le changement climatique, la protection de la biodiversité etc. Ces articles prennent aussi beaucoup de temps à écrire mais représentent de petits travaux de recherche vulgarisée accessibles à tous niveaux. Je vous mets les derniers liens vers ces articles et notamment sur la grosse série de 3 articles traitant des menaces et de la protection de la biodiversité :

 

Merci à toutes et tous pour votre soutien sans faille et je vous dis à très bientôt pour un premier article photos du printemps !

 

Enjoy !

Arthur

Planter des arbres pour contrer le réchauffement climatique une fausse bonne idée ? Réactions à chaud


Je suis récemment tombé sur un article de journal en ligne que vous pouvez retrouver ici disant que l’Australie allait planter 1 milliard d’arbres d’ici à 2050 suite aux températures records enregistrées dans le pays durant leur été 2018-2019. L’article présente une photo d’illustration de plantation d’arbres et tous les internautes qui laissaient des commentaires semblaient ravis de cette décision. Il faut bien comprendre qu’une plantation d’arbres n’a, une nouvelle fois, rien de naturel et le but premier de cette opération est surtout de produire du bois quelques dizaines d’année après la plantation. Alors, bonne ou mauvaise idée ? Réel pas en avant contre les problèmes environnementaux ou green washing ?


Image illustrant l’article. © franckreporter pour Getty Images

Planter 1 milliard d’arbres d’ici à 2050 en Australie

1 milliard d’arbres, ça fait beaucoup, mais pas tant que ça lorsque l’on apprend qu’il y a 3.04 billons d’arbres sur la planète (je n’ai pas vérifié les chiffres cités dans les articles de journaux). Cela équivaut à 3000 milliards d’arbres, et si 1 milliard de secondes équivaut environ à 32 ans, 3000 milliards de secondes équivaut à 95 siècles, pour vous donner un ordre de grandeur. D’après les journaux, cette plantation permettrait d’absorber 18 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, encore une fois, cela a l’air énorme. Mais il est également dit que l’Australie produit 500 millions de tonnes de CO2 par an. Cette « forêt », une fois plantée en 2050, absorbera 3.6% des émissions de CO2 de ce pays, si elles n’augmentent pas d’ici là. Pour rappel, en 2018, les émissions de CO2 ont été les plus hautes jamais enregistrées avec 37.1 milliards de tonnes. Cette plantation permettra donc d’absorber 0.05% des émissions mondiales, si elles se stabilisent. Bon, ce n’est pas une révolution en terme de climat à première vue mais regardons de plus près les avantages qu’offrent les arbres et les forêts.

Les arbres et leurs bienfaits

Les arbres ont pourtant énormément d’avantages et leur efficacité à lutter contre le réchauffement climatique n’est plus à prouver. Tout d’abord, les arbres réduisent la chaleur en ombrageant le sol. Cela a l’air de rien, pourtant l’impact des arbres en région urbaine est immense car ils luttent contre les ilots de chaleur des zones très goudronnées qui absorbent l’énergie solaire et la restituent pendant la nuit. Ce mécanisme est aussi à l’œuvre dans la nature. De plus, les arbres possédant certaines propriétés dépolluantes sont d’autant plus appréciés en ville.

Comme toutes les plantes, les arbres transpirent via leurs feuilles et ce phénomène, ajouté à l’ombrage qu’ils génèrent, permet de garder une certaine humidité à leur base. C’est pour cela qu’il fait humide en forêt, le soleil étant filtré par la couronne des arbres l’eau s’évapore moins vite. Cela permet l’implantation de tout un tas d’espèces qui poussent à même l’écorce comme des mousses ou des lichens, mais ils servent aussi d’habitat ou d’aires de repos pour des insectes, des pollinisateurs, des oiseaux etc.

Enfin, les arbres font de la photosynthèse. Ils captent donc le carbone atmosphérique et rejettent du dioxygène, que nous respirons. Ce carbone est stocké dans les tissus de la plante et lui permet de grandir. Tant qu’elle grandit, elle stocke du carbone puisé dans l’atmosphère pour créer de nouvelles feuilles/branches, en revanche, quand elle meurt et qu’elle est dégradée ou brûlée, ce carbone repart dans l’atmosphère !

La plantation d’arbres, une solution?

Mais alors, si les arbres ont autant de bienfaits et de bénéfices pour lutter contre le réchauffement climatique, pourquoi cette plantation serait une mauvaise idée ?

Et bien encore une fois, on parle bien d’une « plantation » d’arbres et non d’une « reforestation » naturelle des écosystèmes. Une plantation de deux-trois espèces productives (peut être même exotiques!), bien rangées en ligne et organisées en carrés kilométriques afin de faciliter les traitements, les entretiens et la coupe lorsqu’ils seront jugés plus assez productifs, ce n’est pas une reforestation écologique d’un habitat naturel ! En fait, cela ressemble beaucoup plus à un champ de blé en monoculture qu’à une forêt naturelle. Et nous avons déjà vu plusieurs fois dans les articles publiés sur ce site que les grands champs en monoculture représentent un désastre écologique.

En effet, ce type de plantation sera entretenue, très probablement taillée, et traitée pour éviter les parasites et les maladies qui prolifèrent dans les milieux où la biodiversité est très faible. Cela devrait donc engendrer un bon paquet de pollution… Une forêt naturelle comporte des dizaines d’espèces d’arbres différents, des arbustes et des petites plantes poussant à même le sol, on appelle ça des « strates » de végétation. Plus il y a d’espèces différentes, plus des insectes et d’autres animaux pourront venir trouver refuge ou se nourrir des espèces qui y vivent, et donc plus la biodiversité sera élevée et l’écosystème résilient.

Cette plantation n’a donc rien de naturel et même s’il y aura un effet positif sur le captage du carbone et sur le réchauffement climatique (minime, mais positif), l’effet sur la biodiversité sera nulle voire négatif, suivant les pratiques employées (pesticides, entretiens intempestifs, introduction d’espèces exotiques potentiellement invasives etc.).

En conclusion

Nous avons là une bonne nouvelle mais à relativiser avec les urgences actuelles. Le réchauffement climatique est terrible, mais la perte en biodiversité est bien plus inquiétante et urgente comme vous pouvez le voir dans le schémas ci-dessous ! Les autorités pourraient mettre en place une reforestation plus naturelle (bien que le terme même de « reforestation » signifie déjà une intervention de l’homme qui reste discutable), où l’on planterait des espèces locales un peu aléatoirement et où on laisserait l’écosystème se mettre en place doucement, en laissant passer les différentes étapes de la succession écologique et sans vouloir impérativement des retombées économiques à court terme à la clé. Couper des arbres exploités au bout de 30 ans de croissance pour les vendre, ça rapporte de l’argent, c’est certain. Mais combien la perte de biodiversité et le changement climatique va coûter dans le futur si nous ne faisons rien aujourd’hui ? Ce genre de mesure complète permettrait de lutter à la fois contre le réchauffement climatique mais aussi contre la perte en biodiversité ! Pourquoi vouloir lutter (mal) contre l’un et sacrifier l’autre alors que les deux sont plus que compatibles ?


Planetary boundaries according to Rockström et al. 2009 and Steffen et al. 2015.[

Il faut rester attentif à ce type de « green washing » et bien comprendre tous les enjeux de la situation. Bien évidemment, planter des arbres, c’est mieux que de ne rien faire, c’est certain. Mais planter des arbres, qui vont puiser du CO2 dans l’atmosphère en le stockant, pour ensuite les bruler (bois de chauffe, industrie en tout genre etc.) et relâcher le CO2 qui a été capté pendant les décennies où ils ont poussé, ça n’a aucun sens et ça ne fait pas beaucoup avancer le problème (je ne sais pas ce que compte faire l’Australie de ce bois, ce n’est qu’un exemple pour montrer qu’il faut rester attentif). Si nous souhaitons réellement contrer la perte de biodiversité et le réchauffement climatique il faut entreprendre des actions beaucoup plus ambitieuses et intelligentes que celle-là. Encore une fois, des solutions existent, il faut juste que les décideurs aient la volonté de les mettre en pratique.

Quelques articles pour terminer

Définition, menaces et protection de la Biodiversité- Partie 1 : COMPRENDRE LA BIODIVERSITÉ ET SON EFFONDREMENT

Ces derniers temps, nous entendons beaucoup parler du réchauffement/changement climatique et cela est en partie dû au fait que les prévisions scientifiques des dernières décennies sont en train de se réaliser, et d’une manière bien plus intense et grave que ce qui avait été imaginé. Malheureusement, ce n’est pas le seul problème auquel nous devons faire face, la pollution, la fragmentation des aires naturelles et l’effondrement global de la biodiversité représentent aussi des problèmes majeurs. Si les espèces disparaissent, on peut penser qu’il suffit de les protéger et que tout ira bien. Est-ce aussi simple que ça ?

Je vous propose ici un nouvel article de vulgarisation sur la biodiversité et sa protection articulé en 3 parties car l’ensemble était un peu long pour être publié en un coup. La première partie traite des problèmes liés à l’effondrement de la biodiversité à différents niveaux pour bien comprendre les liens entre la diversité génétique, des espèces et des paysages. La seconde partie fait un résumé sur les changements globaux actuels (changement climatique, pollution, fragmentation etc.) qui impactent la biodiversité à tous les niveaux. Enfin la troisième et dernière partie résume les solutions existantes basées sur les travaux de recherche pour protéger au mieux la biodiversité à tous les niveaux et en prenant en compte les changements globaux.

Lire la PARTIE 1 : COMPRENDRE LA BIODIVERSITÉ ET SON EFFONDREMENT

Lire la PARTIE 2 : LES CHANGEMENTS GLOBAUX ET LEURS IMPACTS SUR LA BIODIVERSITÉ

Lire la PARTIE 3 : COMMENT PROTÉGER AU MIEUX LA BIODIVERSITÉ ?



 

COMPRENDRE LA BIODIVERSITÉ ET SON EFFONDREMENT 

 

Biodiversité

Les forêts tropicales abritent une biodiversité exceptionnelle

Posons le problème

Nous savons que la biodiversité s’effondre partout sur la Terre, pour diverses raisons : le changement climatique évidemment, la pollution matérielle (plastique), chimique (intrants), lumineuse représente un autre acteur important, la réduction considérable et alarmante des espaces naturelles (exploitation des ressources et étalement des villes) et enfin leur fragmentation. Avant de revenir plus en détails sur ces points que l’on regroupe sous le terme de « changements globaux » dans la partie 2, qu’est ce que ça signifie que la « biodiversité » diminue ?

La biodiversité représente, comme son nom l’indique, la diversité du vivant. C’est à dire la diversité des gênes dans un individu (allèles, résistance génétique etc.), des individus dans une espèce (la diversité des couleurs de peau de l’espèce humaine est un bon exemple), des espèces dans un habitat (nombre d’espèces dans une forêt, une prairie, une rivière etc.), mais aussi des habitats dans un écosystème global, une région, un pays etc. Et bien la biodiversité diminue dans chacun des niveaux présentés car ils sont tous interconnectés et la diminution de l’un provoque irrémédiablement la diminution des autres.

 

La diversité génétique

Au niveau génétique les espèces s’appauvrissent, et nous parlons bien ici des espèces sauvages et non pas des espèces sélectionnées et cultivées qui ont pour la plupart un génome identique les unes avec les autres. En effet, les champs de maïs, de blé ou de colza ont généralement une diversité génétique égale à …. 0 ! Toutes les plantes sont des clones, à peu de choses prêts. Pourquoi cela pose-t-il problème ? Après tout, ces variétés ont été sélectionnées pour leur résistance et leur production. Et bien si un insecte ravageur venu de contrées lointaines, ou une maladie qui s’attaque aux cultures se déclare, l’entièreté de la production sera atteinte. Si la diversité génétique est grande, il y a tout un panel de résistance au sein de la population et certains individus, plus costauds car ils possèdent des allèles de résistance, pourront s’en sortir. Nous n’attrapons pas tous la grippe en hiver, alors que si nous étions des clones avec un patrimoine génétique identique, tout le monde attraperait la grippe en même temps car nous avons exactement les mêmes forces et faiblesses dans notre génome. Cet exemple est très vulgarisé mais ici, c’est le même principe.

Donc nous voyons bien combien il est important de garder une diversité génétique au niveau le plus élevé possible. Mais, les habitats naturels étant toujours plus petits et isolés les uns des autres, cette diversité s’effondre dans la nature. Le problème, c’est que le changement climatique et les grandes voies de transports internationales entraînent un nombre incalculable d’invasion de ravageurs comme par exemple, récemment, la pyrale du buis dont mes plantes carnivores se sont d’ailleurs gavées. Les buis dans la nature ont été ravagés en 2 – 3 saisons à peine, imaginez s’il arrive la même chose aux cultures ?

Chaque plant de blé de ce champs est exactement la copie conforme de son voisin. La faible diversité génétique des cultures pose aujourd’hui problème. Source : http://1.bp.blogspot.com

 

La diversité individuelle

Au niveau des individus, les populations (regroupement d’individus) de quasiment toutes les espèces du monde sont en train de s’effondrer. Nous avons récemment entendu parlé de chiffres du WWF estimant que 60% des individus sur la planète sont morts depuis les années 70. Cela signifie que plus de la moitié de tous les animaux de la planète sont morts en moins de 50 ans. De même, pas loin de 80% des insectes ont disparus en 30 ans en Europe et si vous y pensez bien, il y avait beaucoup plus de bestioles quand nous étions enfant qu’aujourd’hui.

Mise à part le côté éthique du problème, car disons le clairement, tout ceci est de notre faute, ce « génocide écologique » ou « anéantissement biologique » ne présage rien de bon. Cela entraîne une baisse de la diversité génétique comme expliqué précédemment pour une raison simple. Prenez deux aquariums de même taille et mettez dans le premier 3 couples de poissons et dans le second 15 couples de la même espèce. Vous verrez qu’au bout de quelques générations, les descendants des poissons du premier aquarium seront totalement déformés à cause de la consanguinité. Dans la nature c’est à peu près la même chose qui se produit ! Si les individus ne sont pas assez nombreux ET différents d’un point de vue génétique, peu importe la protection que l’on mettra en place, l’espèce est déjà éteinte d’avance. Même s’il reste encore plusieurs individus, ça ne fonctionnera pas sur le long terme, c’est certain. Certaines espèces qui peuplent encore notre planète sont pourtant déjà considérées comme « éteintes » car il n’y a aucune chance que les générations futures puissent survivre avec une diversité génétique et un nombre d’individus aussi faible.

Nous avons malheureusement eu l’expérience médiatique de la mort du dernier mâle rhinocéros blanc (Ceratotherium simum B.) en Mars dernier emportant avec lui toutes chances de survie de son espèce (de sa sous espèce en fait). En réalité, les scientifiques savaient déjà que l’espèce était condamnée puisqu’il ne restait pas assez d’individus pour sa survie sur le long terme, le combat était donc perdu d’avance. Des dizaines voire des centaines d’autres espèces seraient elles aussi déjà condamnées à l’extinction.

Il ne reste plus que 7 000 guépards dans le monde.

Le guépard est une autre espèce qui semble condamnée à l’extinction. Image : Le Monde.

Pour aller plus loin sur cette thématique :

https://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2017/07/10/la-sixieme-extinction-de-masse-des-animaux-s-accelere-de-maniere-dramatique_5158718_1652692.html

https://www.wwf.fr/vous-informer/actualites/rapport-planete-vivante-2018

 

La diversité spécifique

La diversité des espèces est peut être l’aspect le plus documenté et le plus vulgarisé : nous savons tous que les espèces disparaissent. Lorsqu’une espèce a disparu, il faut bien se rendre compte qu’elle n’existe plus, nulle part. Toutes les espèces ne sont pas sensibles de la même manière aux changements globaux et, alors que certaines d’entre-elles vont prospérer dans leurs nouvelles conditions, d’autres, au contraire risquent gros. Nous pouvons lister les caractéristiques qui augmentent naturellement la vulnérabilité de certains groupes aux changements globaux

Tout d’abord, il faut savoir que le nombre d’individu et la rareté naturelle d’une espèce sont des caractéristiques intrinsèques. Par exemple, les fourmis sont globalement très abondantes alors que les éléphants sont rares, cela a toujours été le cas. Certains félins paraissent même invisibles tellement ils sont rares et peu observés : les chats forestiers ou les lynx chez nous, le puma en Amérique etc. Par conséquent, les espèces dont les individus sont peu nombreux de manière naturelle sont beaucoup plus vulnérables aux changements globaux.

En simplifiant au maximum, nous pourrions dire qu’il existe deux stratégies de vie. Les espèces généralistes qui peuvent survivre un peu partout dans un panel de conditions très variables (les mammifères en général dont nous, humains, mais aussi les pissenlits par exemple) et des espèces très spécialisées et très dépendantes de leur milieu dont elles sont adaptées à l’extrême. Par exemple, les plantes qui ne vivent que dans les tourbières (les plantes carnivores) sont incapables de pousser ailleurs, et de manière générale, toutes les espèces inféodées aux zones humides, marais et tourbières, sont parmi les plus menacées par un réchauffement climatique et une réduction des précipitations.

Les top prédateurs sont aussi extrêmement vulnérables car ils dépendent, pour leur survie, de la survie de dizaines, voire centaines d’espèces. Le plus connu des top-prédateur est le loup, et mise à part le fait qu’il est régulièrement chassé pour des raisons totalement obscures et insensées, il a besoin de la survie de ses proies pour sa propre survie, mais prenons plutôt l’exemple du renard. Imaginons que le renard chasse un serpent, il a donc besoin de cette espèce pour sa survie. Mais le serpent se nourrit d’espèces de rongeurs, qui eux-mêmes se nourrissent de graines, qui elles-mêmes sont produites par des plantes qui ont besoin d’insectes pollinisateurs etc. Si un des maillons de la chaîne disparaît, tout ce qui suit disparaît aussi. Par conséquent, les top prédateurs, ceux en haut de la chaîne, sont les plus vulnérables.

Exemple de chaîne trophique terrestre. Source : https://lewebpedagogique.com

 

Pour terminer le volet « espèce » de la biodiversité, nous pouvons aussi signaler que les espèces très dépendantes d’autres espèces sont aussi plus vulnérables que les autres car la disparition de l’une entraîne irrémédiablement la disparition de l’autre. Certaines orchidées par exemple dépendent d’une seule et unique espèce d’abeille sauvage pour la pollinisation et de certains champignons pour la germination des graines. Si l’une ou l’autre venait à disparaître, l’orchidée disparaîtrait aussi. Cela n’est pas qu’une théorie et il existe aujourd’hui des vestiges d’espèces vouées à l’extinction. Pour faire écho à ce qui était dit plus haut, certains arbres, notamment tropicaux, peuvent être considérés comme « éteints » même s’il reste encore quelques très vieux individus qui ne peuvent plus se reproduire car leur disperseur a disparu. En effet, ils ont évolué pour fabriquer de gros fruits dont les graines doivent absolument passer par le tube digestif d’un animal massif aujourd’hui disparu. Et bien ces arbres continuent leur croissance sans pour autant renouveler leur descendance. Ils sont donc vivants, mais l’espèce, elle, est déjà éteinte.

Une courte vidéo pour vous montrer des exemples d’espèces disparues récemment à cause de l’Homme.

 

Diversité des habitats

La diversité des milieux naturels diminue aussi à une vitesse vertigineuse. Il existe de moins en moins de zones humides et il n’existe quasiment plus de forêts « naturels » en Europe. En effet, l’idée générale que nous avons des forêts est un espace très naturel ou la vie prolifère, mais il n’en est rien ! La majorité des forêts sont entretenues pour produire du bois et ne sont en aucun cas un espace ou la nature s’exprime. Elles ressemblent plus à un champs cultivé qu’à un espace naturel finalement. Une forêt « naturelle » doit être désordonnées, avec tout un tas de bois morts, plusieurs strates de végétation, de très vieux arbres aux troncs gigantesques, et surtout beaucoup d’animaux, de bruits d’oiseaux et de traces de bestioles en tout genre. Vous conviendrez qu’il n’en est rien aujourd’hui, les forêts sont en fait des plantations d’arbres.

Le film français « LE TEMPS DES FORÊTS » actuellement au cinéma résume justement ce constat, voici une bande annonce.

 

Un autre paysage qui nous semble naturel mais qui ne l’est, pour le coup, vraiment pas, ce sont les zones agricoles. En France, nous sommes parmi les pays qui produisons le plus de denrées alimentaires et si vous regardez un peu le paysage en dehors des villes… On ne voit que des champs, des champs cultivés. Si vous prenez l’avion ou le train entre Lyon et Paris, vous ne verrez que des champs à perte de vue sur des centaines de kilomètres. L’agriculture n’a aujourd’hui absolument rien de naturelle, comme dit précédemment, les variétés plantées ont une diversité génétique quasiment inexistante, elles sont entretenues, les « mauvaises herbes » – qui sont en fait les espèces « naturelles » – sont éliminées à coup d’herbicides, les insectes – encore une fois des espèces naturelles – sont éliminés à coup d’insecticides, les sols sont gavés aux engrais si bien que plus rien n’arrive à pousser naturellement après quelques décennies… Inutile donc de préciser que le modèle agricole actuel est un désastre environnemental et participe directement à la disparition des habitats (pour les convertir en culture, au même titre que la déforestation pour cultiver de l’huile de palme), mais aussi la disparition des espèces qui n’ont plus d’espaces naturelles pour vivre et des individus qui meurent à cause de la pollution chimique.

Les aires vraiment naturelles restantes sont généralement de petites tailles et isolées, un peu partout sur le territoire, ne permettant pas la circulation des individus et ne pouvant pas supporter de grandes populations d’espèces.

cool.JPG

Vaste étendue naturelle, non entrenue, à la transition entre les Andes et la forêt amazonienne en Bolivie

 

Maintenant que nous avons vu les différents niveaux de la biodiversité, voyons plus en détails comment les changements globaux impactent chacun de ces niveaux. ALLER A LA PARTIE 2

Et si vous voulez voir à quoi ressemble les espèces menacées (et pas seulement l’ours blanc et le guépard…) c’est par ici :

http://www.thinkinghumanity.com/2018/07/photographer-spends-years-capturing-endangered-animals-the-extraordinary-photos-broke-our-hearts.html?m=1

Vous remarquerez qu’à ce moment, le dernier mâle Rhinocéros blanc était encore vivant.

 

Enjoy !