Archives pour la catégorie Nouveautés

Plusieurs populations de Pinguicula alpina in situ en Vanoise (73) en photo !

Bonjour à toutes et tous,

Il y a quelques semaines (1 et 2 Juin 2019), je suis allé dans le parc de la Vanoise pour aller observer des populations de Pinguicula que je suis depuis plusieurs années. D’habitude je me rends plus tard sur ces sites et donc je n’avais pas eu l’occasion d’observer Pinguicula alpina en fleur depuis des années. Je vous présente ici des photos de plusieurs populations de P. alpina observés dans la nature !

Attention les images peuvent mettre du temps à charger car elles sont téléchargées en bonne qualité et sont donc plutôt lourdes. Vous pouvez toujours cliquer sur les images pour les afficher en plein écran et profiter de cette qualité (clique droit, ouvrir l’image dans un nouvel onglet).

La première population se trouve au bord d’un ruisseau de montagne, entretenu, et dont la végétation aux alentours est fauchée une fois par an. Le milieu est donc un peu perturbé mais maintenu très ouvert ce qui semble plaire aux grassettes. Dans cette zone, il y a plus de P. vulgaris (qui n’était alors pas encore en fleur car elle fleurit plus tardivement) que de P. alpina.

P. alpina et P. vulgaris poussant avec Primula farinosa
Pinguicula vulgaris n’est pas encore en fleur

À peine plus en amont sur le ruisseau, une zone plus à l’ombre accueille une grosse population. Le milieu est plus humide, surtout en cette période de l’année.

Pinguicula alpina pousse dans des zones très humides

Le site est plus à l’ombre que la première population mais ici, P. alpina semble être dominante. Elles sont abritées par des pins (diverses espèces Pinus sylvestris, Pinus mugo et quelques épicéas à proximité). Les feuilles étaient complètement recouvertes de graminées mortes durant l’hiver, la rosette est donc très abritée de la lumière directe. Voici plusieurs macros des fleurs.

Seules les fleurs émergent de l’épaisse couche de graminées mortes durant l’hiver
On voit bien le milieu très ouvert sur cette photo. Néanmoins, cette population pousse plutôt à l’ombre au milieu d’un champs.

Un plus loin sur le même versant de la montagne, une nouvelle population en pleine forme au bord d’un ruisseau ombragé.

Toujours en compagnie des primevères

Enfin après quelques heures de marche, une énorme population de plusieurs mètres carrés en plein floraison ! Chaque point blanc sur ces photos représente des fleurs de P. alpina. C’est la première fois que je vois autant de fleurs de grassette !

Enfin, d’autres plantes rencontrées sur le retour dans des habitats similaires. P. alpina peut être abondante par endroits et semble préférer des zones très humides, plutôt perturbées mais toujours un peu à l’ombre.

J’ai plusieurs fois observé de petits insectes à l’intérieur de la fleur, comme sur cette photo.

Un petit paysage durant la randonnée

Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est B7GsUadixAPTxX4eNfmQjE90fFHH8HrH1YXndXTN.jpeg

Enjoy !

Publicités

Hybrides au printemps 2019

Voici quelques hybrides issus de semis et de croisements personnels ou non. La plupart ont été semé en 2015 et commencent donc à montrer leur plein potentiel…. Les photos étant un peu vieilles, certaines plantes ne sont pas encore bien colorées.

HNP2015B – leucophylla « giant » x flava « maxima ». Un futur géant ! Plusieurs plantes de ce type seront disponibles à la vente sous peu
HNP2018B – Un flava var maxima (semble-t-il) particulièrement élégant qui ne provient pas de mes propres semis mais de ceux d’un ami. Cette plante est tout simplement mon coup de coeur du moment et petit bonus, le nectar sent le vin blanc…..

Quelques hybrides personnels aléatoires, photos d’Avril à Mai.

HP2015#3 – « Bella » x « rubis rare ». Un hybride semé en 2015 lance deux fleurs en 2019, bon record !
HP2015#4 – HNI12 x L05 – leucophylla « green giant »
HP2015#5 – HNI12 x « Adye » – Un hybride aux veines inversées et à la fleur particulière 🙂
HP2015#5
HP2015#5
HP2015#3 – « Bella » x « Rubis rare »
HP2015#6 – HNI12 x flava « Claret »

Enfin, deux hybrides frères très similaires avec un gros potentiel ! HP2015#5 HNI12 x « Adye »

Enjoy !

In situ à l’Allondon en Suisse

Bonjour, voici un court article de photos en vrac d’une sortie scientifique avec des étudiants de l’université de Genève. La sortie datant de début Mai (lorsqu’il faisait encore plutôt froid), beaucoup d’espèces d’orchidées n’étaient pas encore en fleur, je pense notamment aux Ophrys que nous avons cherché toute la journée sans succès… Bientôt quelques articles de rencontres avec des carnivores in situ !

dianthus sp
Anacamptis morio, forme albinos
Libelloides coccajus
Neotina ustulata
Anacamptis morio forme hypochrome
Orchis simia
Orchis militaris

Enjoy !

Les Sarracenia au printemps 2019

Mieux vaut tard que jamais comme on dit ! Voici le second article photo de l’année qui compile des photos du mois d’Avril et de Mai. Cette année les Sarracenia sont moins impressionnantes que l’an passé, notamment à cause de la météo peu favorable mais aussi à cause du fait que j’ai rempoté quasiment l’entièreté de ma collection au printemps, ce qui perturbe le bon développement des pièges.

A12 – alata var nigropurpurea « black tubes giant »
« Adye »
« Amphibien »
« Angine »

Un croisement de flava vraiment impressionnant cette année !

C03 SFO24 (flava var. ornata — haevy veined Potterton and Martin J.Welham) x SFRB02 (flava var. rubricorpora — giant red tube, Apalachicola,W (f20 MK) – Cédric Azais, flava  seedling

Sarracenia « Dantadelle » qui n’a pas fait de pièges aux allures extravagantes ou difformes cette année, une grande première !

« Dantadelle »
F08 Sarracenia « goldie »
FO07 – flava var ornata – Solid red throat F88MK

Un flava var rugelii issu de semis spontané chez un ami, il présente une très fine ligne rouge dans la gorge mais la tâche caractéristique n’est en fait présente que sur les côtés de la gorge, presque invisible vue de face

FR06 – flava var rugelii
H03B – x mitcheliana anthocyanine free
H12C – x moorei « Ju! »
H57 – leucophylla x oreophila – shy-056a sarracenia.fr
H65 – x aerolata « nightfall »
H73 – « Leviathan »
H74 – « Lilianna » qui a légèrement foiré son piège
H80 – « potty mouth »
L14 – leucophylla « Cz Giant »
L16 – leucophylla « red stripe »
L21 – leucophylla « heterophylla » x L57MK
L23 – leucophylla – Russel road x L09MK – LL51 Frangelo
« Mojito »

C’est tout pour cette fois, enjoy !

Drosera, Dionées, Pinguicula au printemps 2019

Bonjour à toutes et tous, après de long mois d’attente et une météo pas très clémente, je commence enfin les articles photos, il était temps ! Cette année les plantes sont légèrement en retard par rapport à l’année dernière, ce qui est étrange car elles avaient environ 3 semaines d’avance en Mars…

Vous remarquerez que l’organisation générale des articles photos a légèrement changé, cela est notamment dû à une mise à jour de WordPress

Dionaea muscipula « Akai Ryu »

Différence entre Aldrovanda vesiculosa (à gauche) et Utricularia australis (à droite)

Utricularia australis

Quelques captures

Dionaea muscipula « Crested petiol »
Différence entre binata var multifida normal (à gauche) et clone nain (à droite)

Dionée Dentate traps et des semis de Dentate traps

Dionaea muscipula « Dracula »
Drosera binata var multifida
Drosera capensis « red »
Drosera intermedia anthocyanine free
Drosera intermedia
Drosera rotundifolia en tourbière extérieure
Drosera x hybrida en tourbière extérieure
Drosera x obovata « giant » mais toujours petit…
Drosophyllum lusitanicum
Dionaea muscipula « funnel trap »
Dionaea muscipula « red piranah »
Dionaea muscipula « giant clams »
Pinguicula vulgaris f bicolor en tourbière extérieure

très vite, de nombreux autres articles photos et notamment une rétrospectives sur la mare et la rocaille !

Enjoy !

PhagoPhytos fête ses 5 ans !

Et oui, le site Phagophytos a déjà 5 ans, et il s’est passé beaucoup de choses depuis le début de l’aventure ! Je vous propose ici de revoir rapidement les événements marquants de ces 5 dernières années ainsi que les articles les plus vus par les internautes.

Un peu de statistiques…

Depuis sa création, phagophytos c’est :

  • 25’650 visites sur les pages du site soit environ 20-30 visites par jour
  • 13’417 personnes différentes qui ont consulté au moins un article
  • 159 articles publiés

Les articles les plus visités sont :

Les internautes sont en majorité français, mais d’autres nations visitent aussi régulièrement le site internet : Etats-Unis, Belgique, Suisse, Canada, Royaume-Unis, Italie, Bolivie, Allemagne etc.

Les projets PhagoPhytos

Il y a 5 ans, je commençais la construction de la mare ainsi que de la rocaille dans le jardin familial. Aujourd’hui ces deux projets se portent très bien et semblent avoir trouvé un bon équilibre, je ferai un article dans l’année pour vous les présenter. J’aimerais d’ailleurs beaucoup faire une liste complète de toutes les espèces végétales qui ont colonisé la mare, c’est assez incroyable de voir combien de plantes sont arrivées toutes seules jusqu’à ce petit bassin au milieu de la ville.

Il y a 3 ans, j’ai créé un massif fleuri à l’automne, qui continue de refleurir sans y apporter de l’entretien !

Cette année, nous avons complètement repensé les carrés potager pour faire quelque de plus naturel, et de plus proche du jardinage de type « permaculture » avec des zones sauvages, du paillage etc. De plus, un massif plus ombragé a été créé ainsi qu’un autre plus ensoleillé dont le but est d’avoir des plantes fleuries toute l’année. Photos à venir…

Et chez les plantes carnivores ?

Chez les plantes carnivores, il s’en est aussi passé des choses… Il y a 5 ans, je reprenais difficilement le contrôle de ma collection que j’avais un peu laissé à l’abandon, à cause de mes études. Ce n’est pas chose facile je vous l’assure ! Néanmoins, j’ai refait mes deux tourbières extérieures pour leur donner un style un peu moins bordélique, je suis très content du résultat et vous le montrerai un de ces 4

Sinon, 4 cultivars issus de ma collection ont été officialisés en Septembre 2015 : Sarracenia « amphibien », Sarracenia « Rubis rare », Sarracenia « Elvis Presley » et Sarracenia « Dantadelle ». Je vous mets le lien de l’article ici, les images sont mortes mais les liens vers les descriptions fonctionnent encore :
https://phagophytos.com/2015/09/18/4-hybrides-phagophytos-officialises/

Récemment avec d’autres passionnés, nous avons mis en place l’OPCF : un observatoire des plantes carnivores poussant en France et dans les pays limitrophes. L’idée est d’envoyer ses observations de plantes carnivores dans la nature afin de suivre les populations et de combler le manque d’informations de certaines espèces sur leur répartition à l’échelle nationale. Ce fut un travail de long haleine mais qui roule maintenant tout seul ! Si cela vous intéresse, rdv ici :
https://phagophytos.com/2018/04/27/observatoire-des-plantes-carnivores-francaises-opcf/

Enfin, encore plus récemment, avec un autre groupe de passionnés, nous avons repris et donner un nouveau souffle à l’antenne Auvergne-Rhône-Alpes de l’association Dionée, première association francophone d’amateurs de plantes carnivores. Nous avons appelé cette nouvelle antenne Dionée AuRA et nous faisons plusieurs actions dans l’année : expositions, visites in-situ, échanges etc. Pour nous suivre sur facebook, c’est ici :
https://www.facebook.com/dioneeaura/

Pinguicula alpina observé in situ en Valais suisse

Quid du futur ?

Comme vous l’avez peut-être remarqué, j’ai bien moins de temps qu’avant pour faire des articles photos sur le site. Cela est dû entre-autre à ma thèse de doctorat qui me prend énormément de temps, ainsi que toutes les autres activités associatives et l’entretien de ma collection et du jardin familial. Néanmoins, je vais continuer à vous envoyer des photos, moins régulièrement mais avec des choses plus intéressantes à vous présenter…

De plus, j’essaie de développer au maximum les articles de réflexion sur des sujets scientifiques touchant à l’écologie, le changement climatique, la protection de la biodiversité etc. Ces articles prennent aussi beaucoup de temps à écrire mais représentent de petits travaux de recherche vulgarisée accessibles à tous niveaux. Je vous mets les derniers liens vers ces articles et notamment sur la grosse série de 3 articles traitant des menaces et de la protection de la biodiversité :

 

Merci à toutes et tous pour votre soutien sans faille et je vous dis à très bientôt pour un premier article photos du printemps !

 

Enjoy !

Arthur

Planter des arbres pour contrer le réchauffement climatique une fausse bonne idée ? Réactions à chaud


Je suis récemment tombé sur un article de journal en ligne que vous pouvez retrouver ici disant que l’Australie allait planter 1 milliard d’arbres d’ici à 2050 suite aux températures records enregistrées dans le pays durant leur été 2018-2019. L’article présente une photo d’illustration de plantation d’arbres et tous les internautes qui laissaient des commentaires semblaient ravis de cette décision. Il faut bien comprendre qu’une plantation d’arbres n’a, une nouvelle fois, rien de naturel et le but premier de cette opération est surtout de produire du bois quelques dizaines d’année après la plantation. Alors, bonne ou mauvaise idée ? Réel pas en avant contre les problèmes environnementaux ou green washing ?


Image illustrant l’article. © franckreporter pour Getty Images

Planter 1 milliard d’arbres d’ici à 2050 en Australie

1 milliard d’arbres, ça fait beaucoup, mais pas tant que ça lorsque l’on apprend qu’il y a 3.04 billons d’arbres sur la planète (je n’ai pas vérifié les chiffres cités dans les articles de journaux). Cela équivaut à 3000 milliards d’arbres, et si 1 milliard de secondes équivaut environ à 32 ans, 3000 milliards de secondes équivaut à 95 siècles, pour vous donner un ordre de grandeur. D’après les journaux, cette plantation permettrait d’absorber 18 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, encore une fois, cela a l’air énorme. Mais il est également dit que l’Australie produit 500 millions de tonnes de CO2 par an. Cette « forêt », une fois plantée en 2050, absorbera 3.6% des émissions de CO2 de ce pays, si elles n’augmentent pas d’ici là. Pour rappel, en 2018, les émissions de CO2 ont été les plus hautes jamais enregistrées avec 37.1 milliards de tonnes. Cette plantation permettra donc d’absorber 0.05% des émissions mondiales, si elles se stabilisent. Bon, ce n’est pas une révolution en terme de climat à première vue mais regardons de plus près les avantages qu’offrent les arbres et les forêts.

Les arbres et leurs bienfaits

Les arbres ont pourtant énormément d’avantages et leur efficacité à lutter contre le réchauffement climatique n’est plus à prouver. Tout d’abord, les arbres réduisent la chaleur en ombrageant le sol. Cela a l’air de rien, pourtant l’impact des arbres en région urbaine est immense car ils luttent contre les ilots de chaleur des zones très goudronnées qui absorbent l’énergie solaire et la restituent pendant la nuit. Ce mécanisme est aussi à l’œuvre dans la nature. De plus, les arbres possédant certaines propriétés dépolluantes sont d’autant plus appréciés en ville.

Comme toutes les plantes, les arbres transpirent via leurs feuilles et ce phénomène, ajouté à l’ombrage qu’ils génèrent, permet de garder une certaine humidité à leur base. C’est pour cela qu’il fait humide en forêt, le soleil étant filtré par la couronne des arbres l’eau s’évapore moins vite. Cela permet l’implantation de tout un tas d’espèces qui poussent à même l’écorce comme des mousses ou des lichens, mais ils servent aussi d’habitat ou d’aires de repos pour des insectes, des pollinisateurs, des oiseaux etc.

Enfin, les arbres font de la photosynthèse. Ils captent donc le carbone atmosphérique et rejettent du dioxygène, que nous respirons. Ce carbone est stocké dans les tissus de la plante et lui permet de grandir. Tant qu’elle grandit, elle stocke du carbone puisé dans l’atmosphère pour créer de nouvelles feuilles/branches, en revanche, quand elle meurt et qu’elle est dégradée ou brûlée, ce carbone repart dans l’atmosphère !

La plantation d’arbres, une solution?

Mais alors, si les arbres ont autant de bienfaits et de bénéfices pour lutter contre le réchauffement climatique, pourquoi cette plantation serait une mauvaise idée ?

Et bien encore une fois, on parle bien d’une « plantation » d’arbres et non d’une « reforestation » naturelle des écosystèmes. Une plantation de deux-trois espèces productives (peut être même exotiques!), bien rangées en ligne et organisées en carrés kilométriques afin de faciliter les traitements, les entretiens et la coupe lorsqu’ils seront jugés plus assez productifs, ce n’est pas une reforestation écologique d’un habitat naturel ! En fait, cela ressemble beaucoup plus à un champ de blé en monoculture qu’à une forêt naturelle. Et nous avons déjà vu plusieurs fois dans les articles publiés sur ce site que les grands champs en monoculture représentent un désastre écologique.

En effet, ce type de plantation sera entretenue, très probablement taillée, et traitée pour éviter les parasites et les maladies qui prolifèrent dans les milieux où la biodiversité est très faible. Cela devrait donc engendrer un bon paquet de pollution… Une forêt naturelle comporte des dizaines d’espèces d’arbres différents, des arbustes et des petites plantes poussant à même le sol, on appelle ça des « strates » de végétation. Plus il y a d’espèces différentes, plus des insectes et d’autres animaux pourront venir trouver refuge ou se nourrir des espèces qui y vivent, et donc plus la biodiversité sera élevée et l’écosystème résilient.

Cette plantation n’a donc rien de naturel et même s’il y aura un effet positif sur le captage du carbone et sur le réchauffement climatique (minime, mais positif), l’effet sur la biodiversité sera nulle voire négatif, suivant les pratiques employées (pesticides, entretiens intempestifs, introduction d’espèces exotiques potentiellement invasives etc.).

En conclusion

Nous avons là une bonne nouvelle mais à relativiser avec les urgences actuelles. Le réchauffement climatique est terrible, mais la perte en biodiversité est bien plus inquiétante et urgente comme vous pouvez le voir dans le schémas ci-dessous ! Les autorités pourraient mettre en place une reforestation plus naturelle (bien que le terme même de « reforestation » signifie déjà une intervention de l’homme qui reste discutable), où l’on planterait des espèces locales un peu aléatoirement et où on laisserait l’écosystème se mettre en place doucement, en laissant passer les différentes étapes de la succession écologique et sans vouloir impérativement des retombées économiques à court terme à la clé. Couper des arbres exploités au bout de 30 ans de croissance pour les vendre, ça rapporte de l’argent, c’est certain. Mais combien la perte de biodiversité et le changement climatique va coûter dans le futur si nous ne faisons rien aujourd’hui ? Ce genre de mesure complète permettrait de lutter à la fois contre le réchauffement climatique mais aussi contre la perte en biodiversité ! Pourquoi vouloir lutter (mal) contre l’un et sacrifier l’autre alors que les deux sont plus que compatibles ?


Planetary boundaries according to Rockström et al. 2009 and Steffen et al. 2015.[

Il faut rester attentif à ce type de « green washing » et bien comprendre tous les enjeux de la situation. Bien évidemment, planter des arbres, c’est mieux que de ne rien faire, c’est certain. Mais planter des arbres, qui vont puiser du CO2 dans l’atmosphère en le stockant, pour ensuite les bruler (bois de chauffe, industrie en tout genre etc.) et relâcher le CO2 qui a été capté pendant les décennies où ils ont poussé, ça n’a aucun sens et ça ne fait pas beaucoup avancer le problème (je ne sais pas ce que compte faire l’Australie de ce bois, ce n’est qu’un exemple pour montrer qu’il faut rester attentif). Si nous souhaitons réellement contrer la perte de biodiversité et le réchauffement climatique il faut entreprendre des actions beaucoup plus ambitieuses et intelligentes que celle-là. Encore une fois, des solutions existent, il faut juste que les décideurs aient la volonté de les mettre en pratique.

Quelques articles pour terminer