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Deux étranges populations de Pinguicula vulgaris f bicolor à 7 pétales

Depuis une dizaine d’année maintenant, j’étudie une fragile population de Pinguicula vulgaris f bicolor (identification incertaine et non officielle) située au bord d’un petit chemin de montagne régulièrement enseveli sous la boue lors d’éboulement à cause de la fonte des neiges ou lorsque les riverains, chaque printemps, refont la route au bulldozer. Etant donné la précarité et la diminution de cette population d’année en année, j’avais décidé de déplacer quelques individus afin de la sauver (ce que je n’ai du coup pas fait …).

Cette fois, lors de ma visite annuelle, j’aperçois qu’un très grand nombre de fleurs avaient non pas 5 pétales comme toutes les grassettes du genre Pinguicula, mais 7 ! Ce genre de malformation apparaît de temps en temps sur des individus isolés mais ici, le pourcentage de fleurs mutées dépassait les 75% sur la trentaine de fleurs observées. Ce qui est intéressant c’est que les fleurs sont parfaitement fonctionnelles et peuvent fabriquer des graines, elles ne possèdent qu’un seul éperon, deux pétales supérieurs et 5 inférieures, elles ne proviennent donc probablement pas d’une « fusion » de deux fleurs comme on peut exceptionnellement l’observer sur des pièges de dionées ou de Sarracenia. Je crois me souvenir que j’avais déjà remarqué les années précédentes un ou deux individus éparses qui possédaient des fleurs mutées mais rien ne m’avait alarmé.

 

Voici quelques photos :

La fleur
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Les fleurs de différents individus, tous mutés.
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J’ai pris beaucoup de photos des fleurs et des feuilles sous tous les angles et avec une échelle (que je ne publierai pas ici). Les plantes ont une taille relativement normale, elles sont néanmoins plus larges que les Pinguicula alpina et Pinguicula vulgaris dont on avait parlé ici https://phagophytos.wordpress.com/2015/07/03/pinguicula-alpina-vulgaris-in-situ/
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Ici nous pouvons voir que la malformation n’est pas une fusion de deux fleurs, mais elle ressemblerait plutôt à un dédoublement des deux pétales inférieurs du bord de la fleurs (mais qui n’affecterait pas le pétale central) ou alors un triplement du pétale central qui n’affecterait pas les deux autres.
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Cette population se situe en sous bois, les plantes ne poussent pas dans un milieu particulièrement humide, ou près d’un ruisseau ou d’une source mais la terre doit probablement rester plutôt humide toute l’année. Les plantes ne reçoivent jamais de soleil direct et les températures sont donc fraîches toute la journée. Comme je l’ai dit précédemment, cette zone d’environ 2m² accueillant la trentaine d’individus de cette population est très perturbée tous les ans à la même époque et il arrive régulièrement que les plantes ne puissent pas ou peu fleurir certaines années à cause de ces perturbations (notamment l’an passé).

Je pensais tout d’abord que cette mutation était propre à cette population qui pour une raison inconnue avait « buggué » cette année. Mais lors d’une randonnée en montagne, je suis tombé, pour la première fois en 10 ans, sur une seconde population de cette grassette bicolor blanche et bleue, dans un meilleur état et avec beaucoup plus d’individus…. Dont plus de la moitié avaient aussi des fleurs mutées !

 

Milieu naturelle de la seconde population. Les plantes croissent dans un substrat bien plus humide à proximité d’un petit canal et sont bien plus exposées à la lumière solaire.
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Les plantes étaient en meilleure forme dans ce milieu mais avaient en moyenne la même taille.
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Les détails de la fleur à sept pétales :
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Comparaison avec un individu aux fleurs normales. La taille, les proportions et la coloration des fleurs sont globalement similaires, même si les fleurs mutées sont évidemment plus larges à la base à cause de l’insertion des deux pétales.
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Ces deux populations mutantes sont assez éloignées et ne sont pas reliées par un ruisseau ou un chemin. Cela pose un certain nombre de question :
– Est-ce une mutation fréquente chez cette espèce ?
– Pourquoi les deux seules populations rencontrées dans cette région sont mutées alors qu’elle ne poussent pas dans un environnement similaire ?
– Est-ce que cela apporte un bénéfice à la plante ou non ?
– Pourquoi cette mutation a explosée cette année ? Comme je l’ai dit, je suis la première population depuis plus de 10ans et je n’ai vu que très rarement (peut être une ou deux fois) des fleurs mutées, ce qui est « statistiquement » normal. Peut être que la seconde population avait cette mutation depuis longtemps et qu’elle s’est dispersée exactement à l’endroit de la première mais pas ailleurs ? Peu probable….
– Est-ce reproductible par graine, ce qui signifierait que la mutation est génétique et non influencée par l’environnement ? Les individus mutés avaient en effet TOUTES les fleurs mutées, pas seulement certaines, et les individus normaux n’avaient QUE des fleurs normales…

 

Beaucoup de question et peu de réponses ! Si vous avez des idées ou des remarques à propos de ces plantes, n’hésitez pas à m’envoyer un mail ici : arthur.sanguet@gmail.com.

Je vais étudier plus en détail les différences entre les fleurs mutées et les normales et tenter de retourner sur place durant le mois d’Août afin de récupérer des graines…

En attendant, enjoy !

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Pinguicula alpina et vulgaris in-situ

Voici quelques photos de plantes carnivores rencontrées dans le parc de la Vanoise en Savoie (73). Ces premières Pinguicula alpina poussent à 2200m d’altitude sur des pentes sablonneuses peu humides contrairement aux autres populations connues de la région qui poussent généralement en bord de ruisseaux. Elles se situent en plein soleil et cela explique leur magnifique couleur rouge… Je n’ai malheureusement pas trouvé beaucoup de fleurs car la saison est déjà très avancée.

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Le milieu naturel :

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Un écosystème plus classique pour la croissance de Pinguicula vulgaris, au bord d’un ruisseau avec des herbes hautes.

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Une gousse de graines…
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Très bientôt, des photos d’une étrange population de Pinguicula vulgaris f bicolor à 7 pétales et d’autres plantes alpines…

 

Enjoy !